Le leasing social vous donne accès à un véhicule électrique pour une centaine d’euros par mois. Mais il ne vous donne pas de borne de recharge. Et si vous vivez en copropriété, personne ne vous prévient que le délai entre la livraison de la voiture et le moment où vous pourrez la brancher chez vous peut atteindre plusieurs mois. La plupart des articles sur le sujet se contentent de lister les aides disponibles sans jamais poser la question qui dérange : un ménage éligible au leasing social a-t-il réellement les moyens de financer l’installation d’une borne dans un parking collectif, même avec les subventions ? La réponse dépend de votre statut (propriétaire ou locataire), de la configuration électrique de votre immeuble, et du modèle d’installation choisi. Cet article détaille chaque étape sans raccourci.
Le leasing social ne finance pas votre borne, et c’est le premier malentendu
La confusion est fréquente parce que les deux sujets sont présentés ensemble dans les communications officielles. Le leasing social concerne exclusivement le véhicule. La borne relève d’un circuit de financement totalement séparé, avec ses propres conditions et ses propres délais.
Ce que couvre réellement le contrat de leasing social (et ce qu’il exclut)
Le leasing social est un contrat de location longue durée ou avec option d’achat, subventionné par l’État via les certificats d’économies d’énergie. Il prend en charge une partie du coût du véhicule électrique neuf, ce qui ramène le loyer mensuel à 100 € pour une citadine et 150 € pour un modèle familial, sur une durée minimale de trois ans. Le dispositif s’adresse aux ménages dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas 15 400 € par part. Le contrat inclut le véhicule, l’assurance dans certains cas, et un kilométrage annuel de 12 000 km minimum. Il n’inclut ni la borne de recharge, ni son installation, ni le raccordement électrique. Aucune ligne du contrat ne prévoit de prise en charge de l’infrastructure de recharge à domicile. C’est un dispositif de mobilité, pas d’équipement résidentiel.
L’option « borne incluse dans la mensualité » : offre commerciale du loueur, pas aide de l’État
Certains loueurs proposent d’intégrer une borne de recharge dans le contrat de leasing, sous forme de prestation optionnelle. Le coût de la borne et de son installation est alors lissé sur les mensualités du véhicule. Cette formule a un avantage évident : elle évite une sortie de trésorerie initiale. Mais il faut comprendre qu’il s’agit d’une offre commerciale privée. Le loueur facture la borne à son prix catalogue, y ajoute une marge, et répartit le tout sur 36 ou 48 mois. Aucune aide publique ne vient réduire ce montant dans le cadre du contrat. Le ménage paie donc le prix fort de la borne, simplement étalé dans le temps, sans bénéficier du programme ADVENIR ni de la TVA réduite, qui ne sont mobilisables que sur une installation indépendante.
Pourquoi cette option coûte souvent plus cher que les aides publiques cumulées
Prenons un cas concret. Une borne murale pilotable de 7,4 kW coûte entre 1 200 et 2 000 € TTC pose comprise, avant aides. En passant par un installateur certifié IRVE indépendant, un copropriétaire peut cumuler la prime ADVENIR (jusqu’à 600 € HT pour une borne individuelle en résidentiel collectif), la TVA à 5,5 % au lieu de 20 %, et d’éventuelles aides locales. Le reste à charge tombe alors entre 300 et 800 € selon les configurations. À l’inverse, une borne intégrée dans un leasing sur 36 mois, facturée 40 à 50 € par mois en supplément, revient à 1 440 à 1 800 € sans aucune déduction. L’écart est net. Le seul cas où l’option loueur se justifie, c’est quand le ménage ne peut absolument pas avancer le moindre euro, même temporairement.
Le décalage de calendrier qui piège les bénéficiaires en copropriété
C’est le problème le plus concret et le moins documenté. Le véhicule arrive bien avant la borne. Et en copropriété, les délais d’installation ne dépendent pas de la bonne volonté du demandeur.
Véhicule livré en quelques semaines, borne opérationnelle dans 3 à 9 mois
Le leasing social fonctionne sur un modèle de campagne : les candidatures sont ouvertes sur une période définie, les attributions se font rapidement, et les livraisons suivent dans un délai de quelques semaines à deux mois. Le véhicule électrique se retrouve donc sur le parking bien avant que l’infrastructure de recharge ne soit prête. Or, en copropriété, entre la première notification au syndic et la mise en service effective d’une borne, il faut compter trois mois minimum pour un droit à la prise sans opposition, et six à neuf mois si le projet passe par un vote en assemblée générale pour une infrastructure collective. Résultat : le bénéficiaire du leasing social roule pendant plusieurs mois en ne comptant que sur la recharge publique ou professionnelle, ce qui fait exploser son budget mobilité.
AG, droit à la prise, devis IRVE, intervention Enedis : la chaîne réelle des délais
Le calendrier réel d’une installation en copropriété se décompose en étapes incompressibles. D’abord, le courrier recommandé au syndic avec le descriptif technique et le schéma de raccordement : comptez deux semaines pour sa rédaction avec un installateur IRVE. Ensuite, le syndic dispose de trois mois pour s’opposer ou non. En cas de projet collectif, il faut attendre l’assemblée générale suivante, parfois dans six mois. Après le feu vert, la commande du matériel et la planification de l’intervention prennent encore quatre à six semaines. Si un nouveau point de livraison Enedis est nécessaire (cas fréquent pour une infrastructure collective), ajoutez deux à trois mois de délai réseau. Au total, entre la première démarche et la première recharge chez soi, la fourchette réaliste est de quatre à neuf mois.
Comment lancer les démarches borne avant même d’obtenir le leasing
La stratégie la plus efficace consiste à dissocier complètement les deux projets. Le droit à la prise n’exige pas de posséder un véhicule électrique au moment de la demande. Rien n’empêche un copropriétaire ou un locataire de notifier le syndic dès qu’il envisage sérieusement le leasing social, avant même de déposer sa candidature. Le devis d’un installateur IRVE peut être obtenu gratuitement et sert de pièce justificative pour la notification. En lançant la procédure trois à quatre mois avant la livraison prévue du véhicule, le décalage se réduit considérablement. Pour les locataires, l’accord préalable du propriétaire peut aussi être sollicité en parallèle. Le gain de temps est réel, mais il suppose d’anticiper un projet dont l’issue (obtention du leasing) n’est pas encore certaine.
En 2026, le paysage des aides a changé, et les ménages modestes sont les premiers touchés
L’année 2026 marque un tournant pour le financement des bornes de recharge. Certains dispositifs ont disparu, d’autres ont été recentrés. Le résultat est un reste à charge qui pèse davantage sur les foyers à revenus modestes.
Fin du crédit d’impôt CIBRE : ce qui reste réellement mobilisable
Le crédit d’impôt pour bornes de recharge électrique (CIBRE), qui couvrait 75 % des dépenses dans la limite de 500 €, n’a pas été reconduit au-delà du 31 décembre 2025. Les ménages ayant fait installer une borne avant cette date peuvent encore le déclarer sur leurs revenus 2025, mais pour tout nouveau projet en 2026, ce levier n’existe plus. C’est une perte sèche pour les particuliers en maison individuelle, qui n’ont plus aucune aide directe. En copropriété, l’impact est partiellement atténué par le maintien du programme ADVENIR et de la TVA réduite, mais le signal envoyé est clair : l’État concentre désormais son soutien sur les installations collectives et professionnelles, pas sur les démarches individuelles.
Prime ADVENIR en copropriété : montants, plafonds et conditions que les articles survolent
Le programme ADVENIR, financé par les certificats d’économies d’énergie et piloté par l’Avere-France, reste le principal levier en copropriété. Mais ses conditions méritent d’être détaillées. Pour une borne individuelle en résidentiel collectif, la prime couvre jusqu’à 50 % du coût HT, plafonnée à 600 € HT. Pour une borne partagée sur une place commune, le plafond monte à 1 660 € HT. Pour une infrastructure collective (câblage et dimensionnement électrique desservant l’ensemble du parking), le plafond atteint 8 000 € HT par copropriété. Condition essentielle : la borne doit être pilotable (capable de moduler la puissance ou de programmer les heures de recharge), et l’installation doit être réalisée par un professionnel qualifié IRVE. Le dossier de demande se dépose avant le début des travaux, pas après. Un détail que beaucoup découvrent trop tard.
TVA 5,5 % : les cas où elle ne s’applique pas (logement récent, installateur non qualifié)
La TVA à taux réduit de 5,5 % au lieu de 20 % est souvent présentée comme automatique. Elle ne l’est pas. Trois conditions doivent être réunies simultanément. Le logement doit être achevé depuis plus de deux ans. L’installation doit être réalisée par un professionnel certifié IRVE ou RGE. Et la facture doit inclure à la fois le matériel et la pose dans une prestation globale. Si vous achetez la borne en ligne et faites appel à un électricien pour la pose séparément, la TVA réduite ne s’applique pas. Si votre copropriété date de moins de deux ans, elle ne s’applique pas non plus. Dans les immeubles neufs livrés depuis 2021, soumis aux obligations de pré-équipement, cette exclusion est fréquente et rarement signalée.
Le paradoxe du leasing social : un public à faibles revenus face à un reste à charge borne encore significatif
Le leasing social cible les ménages dont le RFR est inférieur à 15 400 € par part fiscale. Ce sont des foyers pour lesquels un reste à charge de 300 à 800 € sur une borne représente un effort budgétaire réel. Avec la disparition du crédit d’impôt, ce montant n’est plus déductible. Et si le ménage est locataire, il investit dans une infrastructure qu’il ne pourra pas emporter en cas de déménagement. Le paradoxe est structurel : le dispositif qui facilite l’accès au véhicule électrique ne résout pas l’accès à la recharge quotidienne, et les aides restantes (ADVENIR, TVA réduite) supposent des démarches administratives et une avance de trésorerie que ce public n’a pas toujours les moyens de gérer seul.
Droit à la prise ou infrastructure collective : un choix stratégique, pas administratif
Le choix entre ces deux voies est souvent réduit à une question de procédure. En réalité, il engage la copropriété sur des années et conditionne le coût de la recharge pour chaque résident.
Droit à la prise : rapide mais isolé, et limité en puissance à terme
Le droit à la prise permet à tout occupant (propriétaire ou locataire) de faire installer une borne individuelle sur sa place de parking, à ses frais, sans vote en assemblée générale. Le syndic dispose de trois mois pour s’opposer, et les motifs recevables sont limités. C’est la voie la plus rapide. Mais elle a un défaut rarement mentionné : chaque installation individuelle se raccorde au compteur des parties communes ou nécessite un compteur Linky dédié. Quand cinq ou dix copropriétaires font la même démarche isolément, les raccordements s’empilent sans cohérence, la puissance disponible se fragmente, et les coûts unitaires restent élevés. À terme, la copropriété se retrouve avec un réseau de bornes hétérogènes, sans gestion centralisée de la charge, ce qui peut poser des problèmes de sécurité électrique et de surcharge.
Infrastructure collective : plus longue à voter mais plus rentable par copropriétaire
L’infrastructure collective consiste à équiper le parking d’un réseau de distribution électrique dimensionné pour desservir toutes les places, ou au moins une part significative. Les copropriétaires intéressés se raccordent ensuite individuellement. Cette approche nécessite un vote en assemblée générale à la majorité simple (article 24), après présentation d’une étude technique. Le délai est plus long, mais les avantages sont concrets : la prime ADVENIR infrastructure peut atteindre 8 000 € HT pour l’ensemble de la copropriété, le coût par place diminue mécaniquement avec le nombre de participants, et le système est conçu pour évoluer. Pour une copropriété de 30 lots avec 10 places équipées à terme, le coût individuel d’une infrastructure collective est souvent 30 à 40 % inférieur à celui d’installations individuelles cumulées.
Le vrai critère de décision : la capacité électrique du parking, pas la préférence des résidents
La question n’est pas de savoir si les copropriétaires préfèrent le collectif ou l’individuel. Elle est de savoir si l’installation électrique existante peut supporter plusieurs bornes simultanées. Dans beaucoup de copropriétés construites avant 2017, la colonne montante et le tableau général basse tension n’ont pas été dimensionnés pour la recharge de véhicules. Ajouter trois ou quatre bornes de 7,4 kW sur un réseau prévu pour l’éclairage des communs et un ascenseur suffit à saturer la puissance disponible. Dans ce cas, le droit à la prise individuel fonctionne pour le premier demandeur, mais crée un goulet d’étranglement pour les suivants. Seule une étude de faisabilité électrique, réalisée par un bureau d’études ou un installateur IRVE, permet de trancher objectivement.
Quand le syndic oppose un projet collectif futur pour bloquer votre droit à la prise
C’est une situation courante et mal documentée. Le syndic a le droit de refuser un droit à la prise s’il justifie l’existence d’un projet collectif en cours ou à venir. Mais « à venir » reste vague. Certains syndics utilisent cette possibilité pour reporter indéfiniment les installations individuelles, sans qu’aucun projet collectif concret n’avance. La loi prévoit un garde-fou : si les travaux collectifs ne sont pas réalisés dans un délai de six mois après le refus, le demandeur retrouve le droit de lancer sa propre installation. En pratique, peu de copropriétaires connaissent cette disposition. Et le syndic n’a aucune obligation de les en informer. Il est donc essentiel de formaliser chaque échange par écrit et de noter les dates précisément.
Opérateur privé vs installation directe : ce que cache le « zéro reste à charge »
L’argument commercial phare des opérateurs est l’absence de coût initial pour la copropriété. Derrière cette promesse, le modèle économique repose sur un abonnement mensuel par utilisateur, sur une durée longue.
Modèle Zeplug, Logivolt, ou équivalent : abonnement mensuel contre investissement ponctuel
Les opérateurs comme Zeplug ou Logivolt financent l’intégralité de l’infrastructure : étude, câblage, bornes, maintenance. La copropriété ne paie rien. En contrepartie, chaque résident souhaitant une borne souscrit un abonnement mensuel couvrant le droit de connexion, la maintenance et la consommation électrique. Ce modèle est attractif pour les syndics parce qu’il ne nécessite aucun vote budgétaire lourd et qu’il élimine la gestion technique. L’opérateur reste propriétaire de l’infrastructure. Le copropriétaire est utilisateur, pas propriétaire de sa borne. Cette distinction a des implications : en cas de changement d’opérateur, de faillite, ou de modification des tarifs, le résident n’a aucun levier de négociation.
Coût réel sur 5 ans d’un abonnement opérateur vs borne achetée avec ADVENIR
Un abonnement opérateur se situe généralement entre 40 et 70 € par mois, consommation incluse. Sur cinq ans, cela représente 2 400 à 4 200 €. En face, une borne achetée en propre coûte entre 300 et 800 € après aides (ADVENIR + TVA réduite), à quoi s’ajoutent le contrat d’électricité dédié (environ 18 à 25 € par mois d’abonnement Linky + consommation) et la maintenance ponctuelle. Sur cinq ans, le coût total en installation directe tourne autour de 1 500 à 2 300 €. L’écart est significatif. Le modèle opérateur ne se justifie économiquement que si la copropriété n’a ni les fonds ni la volonté de porter un projet collectif, ou si le nombre de véhicules électriques est encore trop faible pour amortir une infrastructure.
Pourquoi l’opérateur privé séduit les syndics (et pas forcément les utilisateurs)
Le syndic de copropriété gère des dizaines d’immeubles. Pour lui, un projet de borne collective signifie : études techniques, consultations d’installateurs, gestion des devis, préparation du vote en AG, suivi des travaux, gestion des litiges. Avec un opérateur privé, tout est délégué. Le syndic signe une convention, l’opérateur fait le reste. C’est un gain de temps considérable pour le gestionnaire. Mais les intérêts du syndic ne coïncident pas nécessairement avec ceux des résidents. Le syndic optimise sa charge de travail. Le résident, lui, paie un abonnement mensuel qui, sur la durée, coûte plus cher qu’une installation en propre. La question à poser en assemblée générale n’est pas « voulez-vous des bornes ? » mais « êtes-vous prêts à payer plus cher chaque mois pour éviter un investissement ponctuel ? ».
Les angles morts techniques que votre syndic ne maîtrise pas
Les obstacles les plus fréquents à l’installation de bornes en copropriété ne sont ni administratifs ni financiers. Ils sont électriques. Et la plupart des syndics n’ont pas les compétences pour les identifier en amont.
Colonne électrique sous-dimensionnée : le problème structurel des copropriétés d’avant 2017
Les immeubles construits avant le 1er janvier 2017 n’avaient aucune obligation de pré-équipement pour la recharge de véhicules électriques. Dans la majorité des cas, le parking est alimenté par un tableau électrique dimensionné pour l’éclairage, la ventilation et éventuellement un portail motorisé. La puissance disponible est souvent de 12 à 36 kVA pour l’ensemble des communs. Or, une seule borne de 7,4 kW consomme à pleine charge l’équivalent d’un petit appartement. Trois bornes simultanées suffisent à dépasser la capacité du branchement existant. La mise à niveau de la colonne électrique ou du branchement Enedis est un chantier à part entière, avec un coût pouvant atteindre 5 000 à 15 000 € selon la configuration, et des délais d’intervention réseau de plusieurs mois.
Réseau Électrique Auto Enedis vs point de livraison unique : deux logiques incompatibles
Enedis propose deux solutions pour alimenter les bornes en copropriété. La première, le Réseau Électrique Auto, consiste à installer un réseau de distribution dédié dans le parking, avec un compteur Linky individuel par place. Chaque résident souscrit son propre contrat d’électricité auprès du fournisseur de son choix. La seconde passe par un point de livraison unique alimentant une infrastructure collective gérée par un opérateur ou la copropriété elle-même, avec des sous-compteurs pour la refacturation. Ces deux modèles ne sont pas combinables sur un même parking. Le choix initial engage la copropriété pour des années. Le Réseau Électrique Auto offre plus d’indépendance à chaque résident, mais son déploiement est plus lent et le coût de la dérivation individuelle (compteur + raccordement) reste à la charge de chacun. Le point de livraison unique est plus simple à gérer mais crée une dépendance vis-à-vis de l’entité qui gère l’infrastructure.
Borne pilotable obligatoire pour les aides : ce que ça implique concrètement sur le choix du matériel
Pour bénéficier de la prime ADVENIR, la borne installée doit être pilotable, c’est-à-dire capable de moduler sa puissance en fonction de la demande globale du réseau et de programmer les heures de recharge. Cette exigence exclut de fait les bornes d’entrée de gamme et les prises renforcées de type Green’Up, qui ne disposent pas de cette fonctionnalité. En pratique, cela signifie que le budget minimum pour une borne éligible commence autour de 800 à 1 000 € HT avant pose. Le pilotage est par ailleurs essentiel dans les copropriétés où la puissance disponible est limitée : il permet de répartir la charge entre plusieurs bornes actives simultanément, évitant les disjonctions. Ce n’est pas un gadget, c’est une nécessité technique dans la majorité des parkings collectifs anciens.
Locataire en copropriété avec un leasing social : le scénario le plus complexe
Le profil type du bénéficiaire du leasing social est souvent un locataire. Et c’est précisément dans ce statut que les obstacles à l’installation d’une borne en copropriété sont les plus nombreux.
Obtenir l’accord du propriétaire avant même de notifier le syndic
Un locataire bénéficie du droit à la prise au même titre qu’un copropriétaire. Mais la procédure comporte une étape supplémentaire : il doit d’abord informer son propriétaire par courrier, en joignant le descriptif des travaux, le plan technique et le schéma de raccordement. C’est le propriétaire qui transmet ensuite la demande au syndic. Si le propriétaire ne répond pas, ou s’il refuse de transmettre, le locataire se retrouve bloqué sans recours simple. Aucun délai légal ne contraint le propriétaire à répondre dans un temps défini. En pratique, cette étape peut ajouter un à trois mois au calendrier, voire davantage si le propriétaire est un investisseur peu réactif ou hostile au projet. Le dialogue en amont, avant toute démarche formelle, est indispensable pour éviter un blocage.
Qui paie quoi quand le locataire part avant la fin du leasing
Le locataire qui fait installer une borne dans le parking de la copropriété finance l’intégralité des travaux : borne, pose, compteur individuel. En cas de déménagement avant la fin du contrat de leasing (trois ans minimum), il perd l’usage de la borne mais reste engagé sur le véhicule. La borne, elle, reste physiquement sur place. Rien n’oblige le propriétaire suivant ou le prochain locataire à l’utiliser ou à la reprendre. Le locataire sortant ne peut exiger aucun remboursement, sauf clause spécifique dans le bail, ce qui est rarissime. Sur un investissement initial de 300 à 800 € après aides, la perte reste supportable. Mais si le locataire a opté pour un abonnement opérateur, il devra vérifier les conditions de résiliation anticipée, qui incluent parfois des frais de déconnexion ou un engagement minimal.
L’alternative réaliste : recharge publique ou au travail pendant les mois d’attente
Pour un bénéficiaire du leasing social en copropriété, la recharge quotidienne à domicile n’est pas acquise le jour de la livraison du véhicule. Pendant les mois d’attente, deux solutions existent. La recharge sur le réseau public coûte entre 0,30 et 0,60 € par kWh selon les bornes, soit environ 50 à 90 € par mois pour 12 000 km annuels. C’est deux à trois fois plus cher qu’une recharge à domicile. La recharge au travail, quand elle est possible, est souvent gratuite ou à tarif préférentiel. Certains employeurs bénéficient eux-mêmes d’aides pour installer des bornes sur leur parking. Cette période transitoire doit être anticipée dans le budget global du passage à l’électrique. Un leasing à 100 € par mois perd de son intérêt si la recharge publique ajoute 70 à 90 € mensuels pendant six mois ou plus.
Questions fréquentes
Le leasing social est-il cumulable avec la prime ADVENIR pour une borne en copropriété ?
Oui, les deux dispositifs sont compatibles car ils portent sur des objets différents. Le leasing social finance le véhicule, la prime ADVENIR finance la borne. Il n’existe aucune clause d’exclusion entre ces deux aides. Un ménage peut donc signer un contrat de leasing social et, en parallèle, demander la prime ADVENIR pour l’installation d’une borne individuelle ou partagée dans sa copropriété. La seule exigence est de respecter les conditions propres à chaque dispositif : plafond de revenus pour le leasing, borne pilotable et installateur IRVE pour ADVENIR.
Peut-on installer une simple prise renforcée au lieu d’une borne murale en copropriété ?
Techniquement, oui. Une prise renforcée de type Green’Up délivre 3,7 kW et permet de recharger un véhicule électrique en une nuit. Elle coûte entre 400 et 600 € pose comprise. Mais cette solution ne donne pas droit à la prime ADVENIR, qui exige une borne pilotable. Elle ne permet pas non plus de gérer la charge en cas de multiplication des installations dans le parking. Pour un usage individuel dans une petite copropriété, c’est une option acceptable. Dans un immeuble de plus de vingt lots, elle devient vite un choix limitant.
Faut-il attendre l’assemblée générale pour lancer un projet de borne individuelle ?
Non. Le droit à la prise ne nécessite pas de vote en assemblée générale. Le demandeur notifie le syndic par courrier recommandé, et ce dernier a trois mois pour s’opposer sur la base de motifs légitimes. L’assemblée générale n’intervient que pour les projets d’infrastructure collective. Le syndic a l’obligation d’inscrire un point d’information à l’ordre du jour de la prochaine AG, mais cela n’a pas de valeur bloquante pour le demandeur individuel. Si aucune opposition n’est formulée dans les trois mois, les travaux peuvent débuter.
Que se passe-t-il si la copropriété change d’opérateur de bornes après quelques années ?
Si la copropriété a confié l’infrastructure à un opérateur privé (Zeplug, Logivolt ou autre), un changement d’opérateur implique généralement la résiliation du contrat global et la négociation d’un nouveau. Les bornes installées appartiennent à l’opérateur sortant, qui peut exiger leur retrait. Les résidents abonnés doivent alors migrer vers le nouvel opérateur, avec de nouvelles conditions tarifaires et potentiellement une interruption de service pendant la transition. C’est un risque rarement évoqué lors du vote initial. Les copropriétaires qui possèdent leur propre borne raccordée à un compteur individuel ne sont pas concernés par ces changements.
Un copropriétaire peut-il refuser de participer au financement d’une infrastructure collective de recharge ?
Le financement de l’infrastructure collective est voté en assemblée générale et réparti selon les tantièmes. Un copropriétaire qui vote contre reste tenu de payer sa quote-part si la résolution est adoptée à la majorité requise. La seule exception concerne les copropriétés qui choisissent un opérateur privé prenant en charge l’intégralité de l’investissement : dans ce modèle, seuls les utilisateurs effectifs paient via leur abonnement. Les non-utilisateurs ne sont pas impactés financièrement. C’est d’ailleurs l’un des arguments les plus efficaces pour faire voter le recours à un opérateur en assemblée générale : il neutralise l’opposition des copropriétaires sans véhicule électrique.
