À 29 990 € catalogue, la Renault 4 E-Tech Evolution 120 ch reste hors de portée pour la majorité des ménages français. Pourtant, cette version d’entrée de gamme du petit SUV électrique assemblé à Maubeuge affiche un loyer de 170 €/mois via le leasing social, sans apport, après déduction de 7 000 € de prime CEE. Un écart de prix qui change radicalement l’équation. Mais entre la batterie de 40 kWh et ses 308 km d’autonomie WLTP, le compromis mérite un examen moins enthousiaste que les brochures commerciales. Le profil type du leasing social — actif modeste roulant plus de 15 km par jour — pose des contraintes précises auxquelles cette R4 ne répond pas toujours sans friction.

Renault 4 E-Tech 120 ch : ce que cache le prix d’entrée
Le tarif affiché masque plusieurs réalités. Entre les aides déduites, les options absentes et le choix imposé de la finition Evolution, la version 120 ch du leasing social n’offre pas exactement la même expérience que les modèles mis en avant dans les publicités Renault.
29 990 € avant aides : le vrai coût et ce qu’il inclut
Le prix catalogue de 29 990 € correspond à la Renault 4 E-Tech Evolution 120 ch en version Autonomie urbaine. Après déduction de la prime CEE de 3 620 €, le tarif descend à 26 370 €. Le bonus écologique, variable selon les revenus du foyer, peut retrancher entre 2 000 € et 4 000 € supplémentaires. En leasing social, ces calculs deviennent transparents : le loyer de 170 €/mois intègre directement la prime CEE de 7 000 € déduite sur un contrat LLD de 37 mois et 37 500 km.
En revanche, ce loyer exclut l’assurance, l’entretien et toute option. La finition Evolution livre la climatisation, l’écran tactile 7 pouces et les aides à la conduite de base. Pas de navigation Google Maps, pas de palettes de récupération d’énergie, pas de siège passager rabattable. Ces équipements apparaissent à partir de la finition Techno, facturée 35 490 € en 150 ch. Un écart de plus de 5 500 € qui situe clairement le positionnement de la version leasing social : fonctionnel, pas premium.
120 ch contre 150 ch : un choix imposé par la batterie
La distinction entre les deux motorisations ne se limite pas à la puissance. Le moteur de 120 ch (90 kW, 225 Nm) est exclusivement couplé à la batterie de 40 kWh, dite « Autonomie urbaine ». Le 150 ch (110 kW, 245 Nm) embarque la batterie de 52 kWh « Autonomie confort », qui porte l’autonomie WLTP à 409 km. Ce couplage rigide signifie que choisir le 120 ch, c’est accepter 308 km WLTP et renoncer à la version longue autonomie.
En pratique, la différence de puissance se ressent peu en ville. Le 0 à 100 km/h passe de 9,2 secondes à 8,5 secondes. Mais sur voie rapide, le 120 ch montre davantage ses limites en reprise. Le vrai écart se joue sur l’autonomie : environ 100 km WLTP séparent les deux versions. Pour un usage strictement domicile-travail sur 30 à 50 km quotidiens, le 120 ch suffit largement. Pour tout ce qui dépasse, la question se pose.
Leasing social 2026 : conditions, loyer et calendrier
Le dispositif entre dans sa troisième édition avec des ajustements. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a confirmé le 10 avril 2026 la relance du programme, dans un contexte de gazole à 2,30 €/L qui renforce l’argument économique du passage à l’électrique.
Éligibilité : le filtre fiscal et kilométrique
Les conditions définitives de l’édition 2026 n’étaient pas encore publiées mi-avril 2026. En 2025, les critères étaient les suivants : un revenu fiscal de référence par part inférieur ou égal à 16 300 €, un domicile en France, et l’une de ces deux conditions d’usage — habiter à plus de 15 km de son lieu de travail ou parcourir plus de 8 000 km par an à titre professionnel. Les salariés doivent fournir une attestation employeur. Les indépendants signent une attestation sur l’honneur avec preuve d’affiliation à un régime de sécurité sociale.
Le seuil de 16 300 €/part correspond aux cinq premiers déciles de revenus, soit environ 50 % des ménages français. Concrètement, un couple avec deux enfants reste éligible jusqu’à environ 48 900 € de revenus annuels. Le dispositif 2026 cible aussi spécifiquement les « gros rouleurs » — aides-soignants, artisans, commerciaux — avec un volet dédié de 50 000 véhicules en plus des 50 000 réservés aux particuliers.
170 €/mois pendant 37 mois : ce que comprend le contrat
Le loyer de référence pour la R4 Evolution 120 ch en leasing social 2025 s’établissait à 170 €/mois. Ce montant repose sur une LLD de 37 mois, plafonné à 37 500 km (soit environ 12 160 km/an), sans apport initial. La prime CEE de 7 000 € est directement déduite du prix de référence pour le calcul des loyers. Tout dépassement kilométrique entraîne une facturation supplémentaire. La restitution du véhicule en fin de contrat est obligatoire, avec paiement des éventuels frais de remise en état.
Hors loyer, il faut compter l’assurance auto (environ 40 à 70 €/mois selon le profil), l’entretien ponctuel et l’électricité. Le coût total sur 37 mois avoisine donc 7 800 à 8 900 € en intégrant ces postes. Par comparaison, une Clio essence en LLD classique sur la même durée coûte rarement moins de 250 €/mois hors carburant. Le carburant pour 12 000 km annuels en thermique représente environ 1 800 € par an au prix actuel du SP95-E5 à 2,03 €/L. L’électricité pour la R4 revient à environ 350 € par an au tarif réglementé de 0,20 €/kWh.
Juin 2026 : pourquoi anticiper change tout
Renault annonce une ouverture des commandes en juin 2026 pour l’édition 2026 du leasing social. Les deux premières éditions (2024 et 2025) ont vu les 50 000 véhicules attribués intégralement, preuve d’une demande supérieure à l’offre. En 2025, certains modèles populaires étaient épuisés en quelques semaines. Renault a mis en place un formulaire d’inscription anticipée sur son site pour alerter les candidats dès l’ouverture officielle.
Préparer son dossier en amont est un avantage concret. Rassembler l’avis d’imposition, l’attestation employeur et le justificatif de domicile avant juin permet de déposer un dossier complet dès le premier jour. Avec 100 000 véhicules au total (particuliers + gros rouleurs) répartis entre une trentaine de modèles et plusieurs constructeurs, la part attribuée à chaque version reste limitée.
Autonomie et recharge : ce que 40 kWh signifie au quotidien
La batterie de 40 kWh constitue le principal compromis de cette version. Entre les chiffres WLTP et la réalité saisonnière, l’écart demande une lecture précise pour le profil type du leasing social.
308 km WLTP, environ 240 km réels : à qui ça suffit
Renault annonce 308 km d’autonomie WLTP pour la version 40 kWh. Les tests indépendants sur la version 52 kWh montrent un écart d’environ 20 % entre la norme et le réel en usage mixte. Appliqué à la version 40 kWh, cela donne environ 245 km en conditions tempérées. En hiver (0 à 10 °C), l’autonomie réelle chute à environ 190-200 km. Sur autoroute à 130 km/h, elle peut descendre sous les 170 km.
Pour le profil leasing social — trajet domicile-travail de 30 à 60 km aller-retour — les 245 km réels offrent une marge de 4 à 8 jours sans recharge en conditions normales. En hiver, cette marge se réduit à 3 à 6 jours. Le calcul reste viable pour un usage quotidien prévisible. En revanche, la R4 120 ch ne peut pas raisonnablement servir de véhicule unique pour un foyer qui effectue des trajets longs le week-end. La consommation urbaine mesurée à 13,8 kWh/100 km par Caradisiac (sur la 52 kWh) permet d’espérer environ 275 km en ville pure, un scénario fréquent pour les trajets périurbains courts.
Recharger sans wallbox : le scénario probable du bénéficiaire type
Le profil fiscal du leasing social correspond souvent à un locataire ou un propriétaire en zone péri-urbaine sans garage individuel. Installer une wallbox à domicile coûte au minimum 999 € avec le forfait Mobilize Power Solutions de Renault. Sans wallbox, la recharge se fait sur prise domestique classique (2,3 kW), ce qui porte le temps de charge complète à plus de 17 heures pour la batterie de 40 kWh. Sur prise renforcée (3,7 kW), comptez environ 10 heures.
La R4 accepte la charge rapide DC jusqu’à 100 kW. Sur une borne publique, le passage de 15 à 80 % prend environ 30 minutes. Toutefois, le coût au kWh sur borne rapide publique (0,40 à 0,80 €/kWh selon l’opérateur) réduit fortement l’avantage économique par rapport au thermique. Le chargeur AC embarqué de 11 kW permet une charge complète en 4 heures sur borne publique ou wallbox triphasée. Pour maximiser l’intérêt financier, la recharge nocturne à domicile reste la stratégie la plus pertinente, même sur prise standard.
Face à la concurrence en leasing social : où se situe la R4 120 ch
Le leasing social 2026 propose une trentaine de modèles éligibles. La R4 occupe un créneau intermédiaire entre les citadines accessibles et les compactes mieux équipées.
Renault 5, Citroën ë-C3, Peugeot e-208 : le comparatif direct
La Renault 5 five 95 ch démarre à 120 €/mois en leasing social. Elle offre 312 km WLTP sur la même plateforme AmpR Small, mais avec un gabarit plus compact (3,92 m contre 4,14 m), un coffre plus petit et moins de modularité. La Citroën ë-C3 descend à 95 €/mois avec une autonomie comparable de 320 km WLTP. Son prix catalogue plus bas (à partir de 23 300 €) en fait le choix le plus économique. La Peugeot e-208, disponible autour de 130 €/mois, propose un style plus conventionnel et un intérieur i-Cockpit plus valorisant.
La R4 se distingue par son volume de coffre de 420 litres (extensible à 1 405 litres sièges rabattus), sa garde au sol de 18,1 cm et son format SUV urbain adapté aux routes dégradées. Pour une famille avec enfants en bas âge, ces centimètres supplémentaires font une vraie différence au quotidien. À 170 €/mois, le surcoût de 50 €/mois par rapport à la R5 s’explique principalement par le gabarit et la modularité. Le Peugeot e-2008, concurrent naturel, débute à 38 100 € et n’est pas positionné aussi agressivement en leasing social.
Le vrai calcul : coût total sur 3 ans face au thermique
Sur 37 mois, le coût brut de location de la R4 en leasing social représente 6 290 € (37 × 170 €). En ajoutant l’assurance (estimée à 55 €/mois en moyenne, soit 2 035 €) et l’électricité (environ 1 050 € sur 3 ans à domicile), le budget total atteint environ 9 375 €. Soit 253 €/mois tout compris.
Un véhicule thermique équivalent (Dacia Duster essence en LLD à environ 280 €/mois) coûte 10 360 € de loyers sur 37 mois, auxquels s’ajoutent environ 5 400 € de carburant (12 000 km/an, 6,5 L/100 km, SP95 à 2,03 €/L). Le total grimpe à environ 17 700 €, soit près du double. Même en intégrant un coût de recharge supérieur (bornes publiques occasionnelles), la R4 en leasing social reste significativement moins chère sur la durée. L’écart dépasse 8 000 € sur trois ans pour un usage comparable, ce qui justifie les contraintes d’autonomie pour le profil cible.
Questions fréquentes
Le leasing social suscite beaucoup d’interrogations, particulièrement autour de la R4 E-Tech 120 ch. Les réponses ci-dessous s’appuient sur les données connues en avril 2026.
Peut-on acheter la Renault 4 à la fin du contrat de leasing social ?
Le dispositif repose sur une LLD (location longue durée), sans option d’achat prévue. À l’issue des 37 mois, la restitution du véhicule est obligatoire. Renault propose toutefois des contrats de 4 ou 5 ans pour ceux qui souhaitent conserver le véhicule plus longtemps. Si l’objectif est de devenir propriétaire, le leasing social n’est pas le bon cadre.
La R4 120 ch est-elle suffisante pour 80 km de trajet quotidien ?
Un aller-retour de 80 km en usage mixte consomme environ 12 kWh sur la R4 (à 14,7 kWh/100 km WLTP). La batterie de 38 kWh net offre donc 3 jours d’autonomie théorique en conditions favorables. En hiver, cette marge tombe à 2 jours. Une recharge tous les deux soirs reste gérable, mais impose une certaine discipline et un accès fiable à un point de charge.
L’entretien est-il inclus dans le loyer de 170 €/mois ?
Non. Le loyer couvre uniquement la location du véhicule. L’assurance, l’entretien courant et les éventuelles réparations hors garantie restent à la charge du locataire. La garantie constructeur de 3 ans couvre les pannes mécaniques. La batterie bénéficie d’une garantie de 8 ans ou 160 000 km avec maintien de 70 % de capacité minimum.
Quelles alternatives existent sous 150 €/mois en leasing social ?
La Renault 5 five 95 ch à 120 €/mois et la Citroën ë-C3 à 95 €/mois représentent les options les plus accessibles. La Fiat 500e et la Peugeot e-208 se situent entre 100 et 130 €/mois selon les configurations. Ces modèles offrent moins d’espace intérieur que la R4 mais des autonomies comparables sur la tranche de batterie équivalente.
Que se passe-t-il si on dépasse les 37 500 km en 37 mois ?
Chaque kilomètre excédentaire est facturé selon les conditions du contrat signé avec le loueur (DIAC/Mobilize Financial Services pour Renault). Le tarif varie généralement entre 0,05 et 0,12 €/km selon les contrats. Sur 5 000 km de dépassement, la facture peut atteindre 250 à 600 €. Il est possible de négocier un contrat avec un kilométrage supérieur en amont, moyennant un loyer mensuel légèrement plus élevé.
