149 €/mois sans apport, contre 319 €/mois en location classique : l’écart entre le ë-Berlingo Plus en leasing social et la même voiture financée hors dispositif atteint 6 120 € sur 36 mois. Sébastien Lecornu a confirmé le 10 avril 2026 le retour du leasing social pour juin, avec une enveloppe de 390 millions d’euros et au moins 50 000 véhicules. Le ë-Berlingo Plus reste le seul ludospace 7 places de la liste Citroën, ce qui en fait une cible logique pour les familles modestes éligibles. Mais la mensualité affichée cache des frais annexes que les communications officielles passent sous silence, et les critères d’accès recalent un candidat sur deux pour des raisons rarement liées au quota.

Pourquoi le ë-Berlingo Plus reste l’option la plus accessible des ludospaces 7 places électriques
Le ludospace électrique de Citroën occupe une place atypique dans le catalogue du leasing social : c’est le seul véhicule capable d’accueillir sept passagers et un volume de coffre supérieur à 1 000 litres pour moins de 200 €/mois. Le tarif officiel en finition Plus se situait à 149 €/mois lors de l’édition 2025, et Stellantis devrait reconduire ce positionnement en 2026.
La finition Plus, équipement réel et différences avec la version Live
La finition Plus correspond au deuxième niveau d’équipement du ë-Berlingo, au-dessus de la version Live d’entrée de gamme et en dessous de la finition Max. Concrètement, elle apporte la climatisation automatique, les jantes alliage 16 pouces, la caméra de recul, le régulateur de vitesse adaptatif et l’écran tactile 10 pouces. La version Live s’en tient à des prestations plus dépouillées avec écran 5 pouces et jantes acier, ce qui explique pourquoi Citroën n’a pas retenu cette finition pour le leasing social. Le Plus représente le compromis qui rend la voiture vivable sur trois ans sans accumuler les options en supplément. Pour comparaison, le tarif catalogue d’un ë-Berlingo Plus neuf hors dispositif tourne autour de 38 000 € TTC, ce qui place le coût total des 36 loyers du leasing social à 5 364 €, soit moins de 15 % du prix d’achat. Ce ratio inhabituel s’explique par le mécanisme de financement, qui combine subvention publique et engagement commercial du constructeur.
320 km WLTP et batterie LFP : les performances qui comptent au quotidien
Le ë-Berlingo Plus 136 ch repose sur une batterie LFP (lithium-fer-phosphate) de 50 kWh utiles, qui annonce 320 km d’autonomie WLTP en taille M. La technologie LFP présente deux atouts concrets : une durée de vie supérieure aux batteries NMC classiques (jusqu’à 3 000 cycles contre 1 500) et une tolérance à la charge à 100 % sans dégradation accélérée, ce qui n’est pas anecdotique sur un contrat de location longue durée. La consommation mixte annoncée de 18 kWh/100 km grimpe en réalité autour de 19 à 22 kWh sur des trajets mixtes, principalement à cause du gabarit haut et du poids de 1 880 kg. L’autonomie réelle se situe donc entre 230 et 280 km selon la saison et le profil de conduite. La recharge en courant continu accepte jusqu’à 100 kW, ce qui permet de passer de 0 à 80 % en 30 minutes sur une borne rapide. Sur une wallbox domestique de 7,4 kW, la charge complète prend environ 7 h 30, soit une nuit standard. La garantie batterie couvre 8 ans ou 160 000 km, avec un seuil de 70 % de capacité restante.
Comment l’aide CEE de 7 000 € transforme le tarif
Le mécanisme de financement du leasing social a basculé en 2025 vers les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE), abandonnant la subvention budgétaire directe utilisée en 2024. Concrètement, ce sont les énergéticiens dits « obligés » (TotalEnergies, EDF, Engie) qui financent l’aide, que Stellantis convertit en réduction du premier loyer du contrat. Pour le ë-Berlingo Plus, cela se traduit par un premier loyer théorique de 7 000 € ramené à 0 € après déduction. Cette aide était de 13 000 € en 2024, ce qui explique pourquoi les loyers actuels ont légèrement progressé par rapport à la première édition. Le constructeur compense en réduisant sa marge et en proposant une valeur résiduelle agressive, calculée pour rendre la mensualité tenable. L’aide moyenne par véhicule en 2026 devrait avoisiner 7 380 €, donnée stable communiquée dans les arrêtés préparatoires.
Conditions d’éligibilité 2026 : ce qui change et les critères qui recalent les dossiers
Les critères 2026 reprennent l’ossature de l’édition 2025, avec quelques ajustements liés à la consultation publique close le 16 mars 2026. Le cahier des charges officiel n’est pas encore publié à la date de juin, mais les paramètres centraux sont confirmés. Préparer son dossier en amont reste la meilleure stratégie pour passer la barre.
Le revenu fiscal de référence à 16 300 € par part, lecture précise
Le seuil reste fixé à 16 300 € de revenu fiscal de référence par part, calculé sur l’avis d’imposition 2025 portant sur les revenus 2024. Ce chiffre représente le cinquième décile des revenus français, soit la médiane élargie. Pour un couple avec deux enfants (3 parts fiscales), le plafond global atteint donc 48 900 € annuels. Pour un parent isolé avec un enfant (1,5 part), il descend à 24 450 €. Cette lecture par part change tout : un foyer modeste mais sans enfants peut se retrouver exclu, alors qu’une famille moyenne avec plusieurs enfants reste dans la cible. La majorité des candidats recalés en 2025 l’ont été sur ce critère, par méconnaissance du calcul. Le revenu fiscal de référence figure en haut de l’avis d’imposition reçu en septembre, et il intègre certains revenus exonérés que beaucoup oublient (heures supplémentaires défiscalisées, abattements fiscaux ultramarins). Vérifier ce chiffre exact avant toute démarche en concession évite la déception au moment du dépôt.
Distance domicile-travail ou 8 000 km annuels, les preuves à fournir
Le critère professionnel impose deux conditions alternatives : soit habiter à plus de 15 km de son lieu de travail (en trajet voiture personnelle exclusivement), soit parcourir plus de 8 000 km par an dans le cadre de son activité. La distance se calcule sur Géoportail, seul outil officiellement reconnu, et non sur Google Maps qui peut donner des résultats légèrement différents. Pour les salariés, l’employeur doit fournir une attestation précisant la distance et l’usage du véhicule personnel pour les trajets. Les indépendants, intérimaires et auto-entrepreneurs établissent une attestation sur l’honneur accompagnée d’un justificatif d’affiliation à un régime de sécurité sociale. Un piège fréquent : si le trajet inclut une portion en transports en commun (RER, train régional), même partielle, le critère tombe. L’usage doit être intégralement automobile pour la portion domicile-travail revendiquée. Cette précision a recalé plusieurs milliers de dossiers franciliens en 2025, où beaucoup combinent voiture et transport public.
Les exclusions silencieuses : bénéficiaires 2024-2025 et foyer fiscal unique
Trois règles moins médiatisées éliminent automatiquement certains profils. D’abord, toute personne ayant bénéficié du leasing social en 2024 ou 2025 est exclue de l’édition 2026, même si le contrat précédent a été restitué entre-temps. L’ASP (Agence de services et de paiement) croise les bases de données pour vérifier ce point, et tenter de candidater sous le nom du conjoint ne fonctionne pas : c’est le foyer fiscal qui est contrôlé. Ensuite, un seul contrat par foyer fiscal est autorisé, ce qui empêche un couple d’obtenir deux véhicules même s’ils remplissent individuellement tous les critères. Enfin, le dispositif exige la majorité civile complète : un mineur émancipé ne peut pas signer, et un permis de conduire suspendu ou annulé ferme la porte mécaniquement. Les jeunes conducteurs en permis probatoire restent éligibles, mais leur prime d’assurance grimpera de 60 à 100 % par rapport à un profil expérimenté, surcoût rarement intégré dans les simulateurs en ligne.
Le coût réel et le positionnement face à la concurrence directe
La mensualité de 149 €/mois ne représente qu’une partie du budget mobilité réel. Plusieurs postes restent à la charge du locataire et peuvent doubler le coût mensuel effectif. Comparer le ë-Berlingo Plus aux deux autres ludospaces du dispositif éclaire aussi le bon arbitrage selon le profil d’usage.
Assurance, recharge et pénalités : ce que la mensualité de 149 € ne couvre pas
L’assurance tous risques obligatoire ajoute entre 50 et 90 €/mois selon le profil et la zone géographique, à souscrire en complément du contrat de location. La recharge représente un poste plus variable : compter 25 à 40 €/mois pour un usage domestique de 1 000 km mensuels au tarif réglementé EDF (0,2516 €/kWh en heures pleines), ou 50 à 80 €/mois si la recharge se fait majoritairement sur bornes publiques rapides à 0,40-0,55 €/kWh. La wallbox domestique easyWallbox proposée par Citroën coûte 499 € à l’installation, parfois intégrable dans la mensualité. Le contrat impose un kilométrage de 36 000 km sur 36 mois, soit 1 000 km/mois en moyenne. Tout dépassement entraîne une pénalité de 0,05 à 0,10 €/km selon les contrats, ce qui représente 500 € pour 5 000 km en trop. La restitution exige un état d’usure « normal », clause floue qui justifie souvent des frais de remise en état facturés entre 200 et 800 € en fin de contrat. Au total, le budget mensuel réel pour un ë-Berlingo Plus se situe plutôt entre 230 et 280 €/mois.
Face au Peugeot e-Rifter Allure et au Renault Kangoo E-Tech
Le ë-Berlingo Plus partage sa plateforme et sa motorisation avec le Peugeot e-Rifter Allure, vendu 155 €/mois en leasing social. La différence de 6 €/mois se justifie par une présentation intérieure spécifique avec l’i-Cockpit Peugeot, mais les performances et l’autonomie sont identiques (136 ch, 50 kWh, 320 km WLTP). Le Renault Kangoo E-Tech, autre cousin du segment, se positionne autour de 170 €/mois avec une batterie de 45 kWh et 300 km d’autonomie, donc légèrement en retrait techniquement mais avec un design intérieur plus moderne. Le ë-Berlingo Plus reste le moins cher des trois pour des prestations équivalentes, ce qui en fait le choix rationnel sur le critère prix pur. Toyota Proace City Verso Electric et Opel Combo-e Life partagent la même base technique, mais ne figurent pas systématiquement dans le catalogue 2026. Pour les familles cherchant un format plus compact, la ë-C3 Aircross à 119 €/mois ou la Peugeot e-2008 à 150 €/mois offrent un compromis entre habitabilité et économie d’usage.
Le profil pour qui ce contrat fait vraiment sens
Le ë-Berlingo Plus en leasing social cible prioritairement les familles nombreuses (3 enfants ou plus) ayant besoin de 5 vraies places adultes, d’un coffre supérieur à 800 litres et d’une polyvalence ville-périurbain. Les artisans avec usage mixte personnel et professionnel léger trouvent aussi un bon compromis, à condition de ne pas dépasser le kilométrage contractuel. À l’inverse, ce véhicule ne convient pas aux gros rouleurs autoroutiers : sa consommation grimpe rapidement au-delà de 110 km/h, et l’autonomie réelle chute autour de 200 km sur autoroute. Les célibataires ou couples sans enfants sacrifient inutilement la maniabilité et la consommation : une ë-C3 ou ë-C3 Aircross fait largement le job pour 50 à 70 €/mois de moins. Le profil type idéal réside dans les zones péri-urbaines, dispose d’une borne de recharge à domicile et effectue des trajets de moins de 200 km sur la majorité de l’année. Pour ce profil, le coût total sur 36 mois (loyers + assurance + énergie) descend autour de 9 500 €, soit l’équivalent du carburant d’un véhicule diesel équivalent sur la même période.
Questions fréquentes
Quand le leasing social 2026 ouvre-t-il les commandes pour le ë-Berlingo Plus ?
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé le 10 avril 2026 un lancement officiel du dispositif en juin 2026. Renault évoque cette même fenêtre, avec un possible glissement vers septembre selon la finalisation du cadre réglementaire. Le cahier des charges définitif n’est pas encore publié au Journal officiel à la date de l’article. Citroën permet déjà de manifester son intérêt en concession et de constituer un pré-dossier, ce qui sécurise une place dès l’ouverture. Compte tenu du quota de 50 000 véhicules épuisé en quelques semaines lors des éditions précédentes, anticiper les démarches reste essentiel.
Peut-on choisir la version XL 7 places en leasing social ?
Non, la finition Plus retenue par Citroën pour le leasing social correspond uniquement à la taille M (4,40 m), configurée en 5 places. La version XL (4,75 m) qui permet d’accueillir jusqu’à 7 passagers n’entre pas dans le tarif subventionné de 149 €/mois et nécessite un contrat de location classique à environ 250 €/mois. Cette limitation s’explique par la stratégie de Stellantis, qui plafonne les coûts pour rester sous la barre symbolique des 150 €/mois. Les familles ayant besoin de 7 places réelles devront soit opter pour le contrat hors dispositif, soit se tourner vers le Peugeot e-Rifter Allure XL également hors leasing social.
Que se passe-t-il à la fin des 36 mois de location ?
Le contrat de leasing social est une LLD (Location Longue Durée) sans option d’achat dans la formule standard Citroën. À l’échéance, le véhicule doit être restitué dans un état d’usure considéré comme normal, ce qui peut générer des frais de remise en état entre 200 et 800 € selon l’état réel. Aucune possibilité de rachat n’est prévue par défaut, contrairement à une LOA classique. Un nouveau contrat de location peut être souscrit, mais sans nouvelle aide de l’État puisque chaque foyer fiscal n’est éligible qu’une seule fois sur l’ensemble du dispositif. Anticiper la sortie du contrat 6 mois en amont permet d’organiser la solution de mobilité suivante.
L’entretien et la maintenance sont-ils inclus dans les 149 €/mois ?
L’entretien standard n’est pas inclus dans le loyer de base à 149 €/mois. Citroën propose en revanche une formule complémentaire « Citroën We Care » qui couvre la maintenance constructeur, l’assistance et l’extension de garantie jusqu’à 8 ans ou 160 000 km, à intégrer en option dans la mensualité. Cette formule ajoute généralement 25 à 40 €/mois selon la formule choisie. La garantie batterie de 8 ans / 160 000 km reste acquise dans tous les cas, indépendamment du contrat d’entretien. Le coût d’entretien annuel d’un véhicule électrique reste très faible (environ 200 € contre 600 € pour un thermique équivalent), ce qui rend cette option moins prioritaire que pour une voiture à moteur classique.
Comment préparer son dossier avant l’ouverture de juin 2026 ?
Quatre documents doivent être réunis en amont pour réagir vite à l’ouverture. D’abord, l’avis d’imposition 2025 sur les revenus 2024 (vérifier le revenu fiscal de référence par part). Ensuite, une attestation employeur précisant la distance domicile-travail et l’usage du véhicule personnel (pour les salariés), ou une attestation sur l’honneur avec justificatif de sécurité sociale (indépendants). Enfin, une pièce d’identité valide et un permis de conduire en cours de validité. Le calcul de distance doit s’appuyer sur Géoportail, seul outil officiellement reconnu. Prendre rendez-vous dès maintenant en concession Citroën permet de constituer un pré-dossier qui sera traité en priorité dès l’ouverture officielle du dispositif.
