15 100 € : c’est le prix de la batterie 54 kWh facturée dans chaque Citroën ë-Berlingo, incluse dans son tarif de base de 37 050 €. Quatre euros sur dix payés pour ce ludospace financent donc l’accumulateur, avant même le premier kilomètre parcouru.
Ce chiffre résume le paradoxe du Berlingo électrique. Cher à produire, donc cher à acheter, il devient pourtant la voiture électrique familiale la plus accessible du marché dès qu’un dispositif d’aide entre en jeu. L’édition 2025 du leasing social l’affichait ainsi à 149 € par mois, sans apport.
Depuis le restylage de 2024, sa batterie LFP a par ailleurs gagné près de 60 km d’autonomie sans hausse de tarif. Le calcul mérite donc d’être refait, y compris par ceux qui avaient écarté l’électrique il y a deux ans.
Ce que le restylage de 2024 a changé sous le capot
Le ë-Berlingo d’avant 2024 embarquait une batterie NMC de 50 kWh pour 285 km WLTP. La version actuelle change de chimie, de capacité et d’autonomie, sans toucher au moteur de 136 ch.
Une batterie LFP de 54 kWh pensée pour durer
Citroën a basculé vers une batterie lithium-fer-phosphate (LFP) de 54 kWh, une chimie sans cobalt ni nickel. Elle coûte moins cher à produire et vieillit mieux : le constructeur la garantit 8 ans ou 160 000 km, avec un certificat de capacité délivré à intervalles réguliers.
Surtout, la LFP tolère la charge complète au quotidien. Les batteries NMC classiques imposent de plafonner à 80 % pour ménager leurs cellules ; ici, viser 100 % ne pose aucun problème. Sur un modèle à l’autonomie mesurée, ces 20 % récupérés représentent environ 65 km bien réels.
Chargez le ë-Berlingo à 100 % sans précaution particulière : sa batterie LFP est conçue pour. Seul bémol de cette chimie, elle perd davantage de capacité par grand froid. Le pack hiver avec pompe à chaleur limite la casse.
Le restylage a aussi installé des palettes de régénération derrière le volant, réglables sur trois niveaux, du quasi roue libre à une conduite proche de la pédale unique. En ville, elles font une vraie différence de consommation.
343 km WLTP annoncés, 230 à 300 km au compteur
L’autonomie homologuée atteint désormais 343 km WLTP en taille M, contre 285 km avant restylage. La consommation mixte officielle s’établit à 18 kWh/100 km, une valeur honnête pour un véhicule de cette surface frontale.
En usage réel, les essais longue durée relèvent des consommations descendant à 12 kWh/100 km sur routes secondaires par météo clémente. Comptez alors près de 300 km. Sur autoroute à 130 km/h, la barre remonte vite : tablez plutôt sur 220 à 240 km entre deux arrêts.
Côté performances, le moteur de 136 ch (260 Nm) expédie le 0 à 100 km/h en 11,7 secondes, avec une vitesse de pointe bridée à 135 km/h. Suffisant pour un usage familial, sans plus.
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Versions et prix 2026 : la grille décodée
La gamme particulière se résume à deux tailles et deux finitions, toutes animées par le même bloc de 136 ch et la même batterie de 54 kWh. Les écarts se jouent sur l’espace et l’équipement.
Taille M ou XL, 5 ou 7 places
La taille M mesure 4,40 m et offre 5 places avec un coffre de 775 litres sous tablette. La taille XL s’étire à 4,75 m et reste à 5 places de série : la configuration 7 places passe par une option de deux sièges individuels en rang 3, réservée à la finition Plus sur l’électrique.
Banquette rabattue, le volume grimpe au-delà de 2 100 litres, de quoi rivaliser avec bien des utilitaires. Le hayon reste en revanche manuel, là où des concurrents récents motorisent l’ouverture, à l’image de la fermeture de coffre automatique du BYD Atto 2.
Notez que le toit panoramique Modutop, signature du modèle, n’existe pas en XL. Les familles nombreuses devront arbitrer entre la troisième rangée et la luminosité. Les sièges Advanced Comfort et les fixations Isofix en rang 2 restent, eux, présents partout.
De 37 050 € à 42 000 € : lire les écarts de finition
Le tarif officiel de mars 2026 positionne le ë-Berlingo M Plus à 37 050 €, soit 1 000 € de moins que la XL équivalente. Voici la grille complète.
| Version | Prix TTC (mars 2026) |
|---|---|
| ë-Berlingo M Plus, 5 places | 37 050 € |
| ë-Berlingo XL Plus, 5 places (7 en option) | 38 050 € |
| ë-Berlingo M Max, 5 places | 41 000 € |
| ë-Berlingo XL Max, 5 places | 42 000 € |
Les 3 950 € qui séparent Plus et Max financent la climatisation automatique bizone, la caméra de recul, le combiné numérique 10 pouces, les jantes alliage et la seconde porte coulissante. Parmi les options utiles, le chargeur 11 kW (environ 400 €) raccourcit nettement la recharge à domicile en triphasé. Ces montants incluent par ailleurs un poste que Citroën chiffre noir sur blanc : la batterie elle-même.
Face au Berlingo essence, l’écart fond toutefois plus vite qu’il n’y paraît. Le PureTech 110 affiché 26 150 € subit un malus CO2 de 2 544 € en 2026, quand l’électrique touche une prime CEE de 3 000 à 4 200 € selon les revenus. L’écart réel retombe ainsi autour de 5 000 €.
Recharge : les vrais temps, les vrais coûts
Tous les ë-Berlingo embarquent de série un chargeur 7,4 kW en courant alternatif, un port rapide 100 kW en continu et le câble pour wallbox. Reste à savoir où brancher, et à quel prix.
De 30 minutes à une quinzaine d’heures selon la prise
Sur une borne rapide, le passage de 20 à 80 % réclame environ 30 minutes, soit près de 180 km récupérés. De quoi rendre les longs trajets possibles, à condition d’accepter des pauses régulières et de planifier les arrêts sur les axes équipés.
À domicile, une wallbox 7,4 kW refait le plein en 7 h 30, le temps d’une nuit. L’option chargeur 11 kW ramène l’exercice autour de 5 heures, à condition de disposer d’un compteur triphasé. Sur simple prise renforcée, comptez en revanche une quinzaine d’heures pour une charge complète.
Entre 3 et 12 € les 100 km
Branché chez soi en heures creuses, autour de 0,17 €/kWh, le ë-Berlingo consomme environ 3 € aux 100 km. Le même trajet sur borne rapide, facturé 0,46 à 0,65 €/kWh selon les réseaux, grimpe entre 8 et 12 €.
La référence thermique reste parlante : un Berlingo essence autour de 7 l/100 km revient à près de 12 € aux 100 km. Sur 12 000 km annuels, l’écart approche 1 000 € en faveur de l’électrique rechargé à domicile. Pour qui ne peut pas brancher chez soi, une hybride garde du sens : notre guide de la Prius 2024 détaille ce scénario.
Le calcul du Berlingo électrique ne tient donc vraiment qu’avec une solution de recharge à domicile, wallbox en tête.
Recharger chez soi coûte 3 à 4 fois moins cher qu’en borne publique, prime Advenir déduite. Lien partenaire
Leasing social : le ë-Berlingo à 149 € par mois
Sébastien Lecornu a confirmé le 10 avril 2026 le retour du leasing social pour juin, avec au moins 50 000 véhicules au programme. Le ludospace de Citroën y occupe une place à part.
Le seul ludospace 7 places du catalogue
Lors de l’édition 2025, le ë-Berlingo en finition Plus s’affichait à 149 € par mois sur 36 mois et 36 000 km, sans apport : le premier loyer de 7 000 € était intégralement absorbé par l’aide de l’État. Stellantis devrait reconduire ce positionnement en juin.
Sa singularité tient à la modularité : aucun autre véhicule de la liste ne propose 7 places et plus de 1 000 litres de coffre sous la barre des 200 € mensuels. Pour les familles nombreuses, il n’existe pas d’équivalent parmi les modèles Citroën retenus, ni ailleurs dans le dispositif.
En 2025, 150 000 dossiers ont été déposés pour 50 000 places. Le loyer n’inclut par ailleurs ni l’assurance ni les frais annexes : budgétez ces postes avant de signer.
Les conditions 2026 à verrouiller avant juin
La plateforme officielle a arrêté les critères de cette édition. Quatre conditions cumulatives s’appliquent, vérifiées sur pièces au dépôt du dossier.
- Revenu fiscal de référence ≤ 16 880 € par part (avis 2025 sur les revenus 2024)
- Plus de 15 km entre domicile et travail, ou plus de 8 000 km/an à titre professionnel
- Être majeur, actif et domicilié en France
- Ne pas avoir bénéficié du dispositif en 2024 ou 2025, une seule aide par foyer fiscal
Le revenu retenu est celui de l’année N-2 : pour un premier loyer versé en 2026, c’est l’avis d’imposition 2025 qui compte. Dernier filtre, le loueur conventionné mène sa propre analyse bancaire : un taux d’endettement au-delà de 35 % peut faire échouer un dossier pourtant validé administrativement. Les quatre versions du ë-Berlingo restent, elles, sous le plafond de 47 000 € exigé.
Face au Kangoo E-Tech et aux alternatives du même budget
Le segment des ludospaces électriques se joue à deux familles : les cousins Stellantis d’un côté, le Renault Kangoo de l’autre. La question du budget ouvre ensuite une troisième voie.
Le match des ludospaces électriques
Le Kangoo E-Tech oppose ses 120 ch et sa batterie de 45 kWh, pour 285 km WLTP. Affiché 33 880 € prime CEE déduite en juin 2026, il charge moins vite en continu (80 kW) mais accepte jusqu’à 22 kW en alternatif selon les versions, un atout en borne publique.
Citroën ë-Berlingo
dès 37 050 € hors prime
- 54 kWh, 343 km WLTP
- Recharge DC 100 kW
- 7 places possibles en XL
Kangoo E-Tech
33 880 € prime déduite
- 45 kWh, 285 km WLTP
- AC jusqu’à 22 kW
- 5 places uniquement
Grand Kangoo E-Tech
39 380 € prime déduite
- 265 km WLTP
- 7 places de série
- Recharge DC 80 kW
Les Peugeot e-Rifter, Opel Combo et Fiat E-Doblò partagent la base technique du Berlingo à quelques centaines d’euros près : le choix s’y fait au design et à la remise obtenue. La pression vient désormais aussi des constructeurs chinois, comme le montre notre avis sur BYD.
Et si le volume n’était pas la priorité
À 37 000 €, le marché regorge de compactes électriques dépassant 400 km d’autonomie. Une citadine premium joue par exemple une carte très différente au même tarif : tout savoir sur l’Aceman. Le Berlingo ne se justifie donc que si le volume et la modularité priment sur le rayon d’action.
L’occasion change aussi l’équation. Le prix d’une Renault Zoe descend sous 12 000 € pour un kilométrage raisonnable, et une berline de 2017 reste crédible à ce budget : tout savoir sur la Model 3 de 2017. Deux fois moins cher, mais deux fois moins de coffre.
L’assurance n’est pas incluse dans le loyer. Comparez les offres dédiées aux véhicules électriques. Lien partenaire
Dernier poste à anticiper, quelle que soit la formule retenue : l’assurance d’un véhicule neuf n’est jamais comprise dans les loyers, leasing social inclus. La comparer en amont évite la mauvaise surprise à la livraison.
- 136 ch, batterie LFP de 54 kWh, jusqu’à 343 km WLTP depuis le restylage de 2024.
- Quatre versions de 37 050 € à 42 000 €, 7 places en option sur la XL finition Plus.
- Recharge de 20 à 80 % en 30 minutes (100 kW), plein nocturne en 7 h 30 sur wallbox.
- Retour du leasing social en juin 2026 : 149 €/mois attendus en finition Plus, quotas limités.
Questions fréquentes
Le Berlingo électrique peut-il tracter une remorque ?
Oui, dans une limite stricte : 750 kg, remorque freinée ou non, avec un attelage homologué pour la version électrique. C’est nettement moins que les versions thermiques. Pour un porte-vélos ou une remorque de déchetterie, la capacité suffit ; pour une caravane familiale, le compte n’y est pas. Le poids tracté peut par ailleurs amputer l’autonomie d’un quart à un tiers selon le relief.
Peut-on alimenter des appareils électriques avec la batterie ?
Le ë-Berlingo 2026 intègre de série une prédisposition V2L (Vehicle to Load) capable de délivrer jusqu’à 3,5 kW sous 16 A depuis la batterie de traction. Concrètement, un outillage, une glacière ou un barbecue électrique peuvent fonctionner sur le véhicule. L’adaptateur nécessaire se commande toutefois en accessoire dans le réseau Citroën, il n’est pas livré d’office. Cette fonction reste absente de la plupart des concurrents directs du segment.
Quelle différence entre ë-Berlingo et ë-Berlingo Van ?
Le ë-Berlingo désigne la version particulière, vitrée, à 5 ou 7 places, vendue TTC à partir de 37 050 €. Le ë-Berlingo Van est l’utilitaire à 2 ou 3 places, tarifé hors taxes et doté d’une batterie de 50,8 kWh pour 345 km WLTP. Les deux partagent moteur et plateforme, mais ni l’aménagement ni la fiscalité : le Van ouvre notamment la récupération de TVA aux professionnels.
Quelles aides restent disponibles sans le leasing social ?
Depuis juillet 2025, le bonus écologique a laissé place à une prime CEE versée via les constructeurs et leurs partenaires énergéticiens. Comptez de 3 000 à 4 200 € selon votre revenu fiscal de référence, le ë-Berlingo restant éligible grâce à son prix inférieur à 47 000 € et à son score environnemental. Renault affiche par exemple 3 620 € sur le Kangoo en juin 2026. Certaines collectivités ajoutent une aide locale, à vérifier selon votre région.
Le Berlingo électrique est-il taillé pour l’autoroute ?
Il s’y montre plus à l’aise qu’attendu, selon les essais menés depuis le restylage. La vitesse stabilisée à 130 km/h fait toutefois grimper la consommation au-delà de 22 kWh/100 km : l’autonomie retombe alors autour de 220 à 240 km. Avec une recharge de 20 à 80 % en 30 minutes, un Paris-Bordeaux se négocie en deux arrêts. Pour des trajets autoroutiers hebdomadaires, une berline à grande batterie restera néanmoins plus reposante.