179 euros par mois, c’est le tarif le plus élevé du leasing social électrique 2025. C’est aussi la seule offre du dispositif qui embarque une finition de milieu de gamme richement dotée, là où les concurrentes se limitent à leur version d’accès. Ce décalage structurel change complètement la lecture de l’offre.
La Lancia Ypsilon LX Elettrica ne rivalise pas frontalement avec la Citroën ë-C3 à 109 €/mois ou la Peugeot e-208 à 135 €/mois. Elle cible un autre candidat au dispositif : celui qui cherche l’équipement d’une citadine premium à prix subventionné. Le surcoût de 2 520 € sur 36 mois achète deux choses concrètes : une batterie de 51 kWh et une dotation complète dès la livraison. Reste à savoir si cet équilibre tient la route face à la concurrence interne du groupe Stellantis et aux limites réelles de l’autonomie annoncée.

Pourquoi Lancia a choisi la finition LX (pas l’entrée de gamme)
Le leasing social repose sur un principe simple : plus la finition est basse, plus le loyer est contenu. La plupart des constructeurs ont appliqué la règle à la lettre. Lancia a fait le choix inverse, en intégrant au dispositif sa finition LX de milieu de gamme, affichée 37 800 € au catalogue hors aides.
Un pari à contre-courant du reste du dispositif
Dans le catalogue 2025 du leasing social, Stellantis a aligné des versions d’entrée : la Citroën ë-C3 en finition de base à 109 €/mois, la Peugeot e-208 en motorisation la plus accessible à 135 €/mois, la Fiat Grande Panda dans sa version dépouillée. L’Ypsilon casse le moule. Elle n’est proposée qu’en LX, soit la deuxième des trois finitions de la gamme, avec la Cassina qui la coiffe à 39 500 €.
Le calcul commercial est transparent. Lancia revient en France après sept ans d’absence et n’a pas besoin de viser le volume à tout prix sur ce dispositif. La marque cherche à asseoir un positionnement premium-B, face à la Mini Cooper E. Proposer une finition dépouillée aurait abîmé ce positionnement dès la sortie. Autrement dit, le prix de 179 €/mois ne reflète pas une contrainte du dispositif : c’est un choix assumé de descendre dans la gamme tarifaire sans descendre dans la gamme d’équipement.
La dotation LX en détail : ce qui justifie l’écart tarifaire
La LX embarque en série ce qui reste souvent en option ou indisponible sur les finitions d’accès concurrentes. Les jantes alliage de 17 pouces remplacent les tôles peintes. Le régulateur de vitesse adaptatif, la détection des angles morts, les radars de stationnement avant et arrière ainsi que les feux de route automatiques figurent dans la dotation de base.
À l’intérieur, la planche de bord accueille deux écrans de 10,25 pouces placés horizontalement, avec une sellerie façon velours propre à la finition. Le chargeur à induction et la climatisation automatique complètent l’habitacle. S’y ajoutent l’éclairage d’ambiance et la caméra de recul.
Cette dotation est à mettre en perspective avec les versions éligibles concurrentes. Sur la Citroën ë-C3 à 109 €/mois, les aides à la conduite premium manquent à l’appel. Sur la Peugeot e-208 au même tarif, il faut souvent grimper en finition Allure ou GT pour retrouver un niveau d’équipement comparable. L’écart de loyer trouve ici sa justification matérielle.
L’offre 179 €/mois décryptée : loyer, durée, aide CEE
L’offre officielle communiquée par Lancia tient en trois chiffres : 179 €/mois, 36 mois, 36 000 km, sans apport. Derrière cette simplicité apparente, le montage financier repose sur l’articulation d’une aide CEE d’environ 7 000 € et d’un engagement du constructeur. Voyons ce que cela représente concrètement pour un locataire.
Ce que couvrent réellement 36 loyers de 179 €
Le contrat type est une location longue durée sur 36 mois avec un plafond de 36 000 km, soit 1 000 km par mois ou 12 000 km par an. Ce kilométrage convient à un usage pendulaire sur courte distance, mais il se consomme vite pour un actif réalisant 20 à 30 kilomètres aller-retour chaque jour de travail.
Le coût total du locataire sur la durée s’élève à 6 444 € (36 × 179 €), hors assurance, options et prestations facultatives. En comparaison, la même Ypsilon LX Elettrica en LOA classique de 36 mois avec 10 000 km/an coûte 326,41 €/mois après un premier loyer de 3 024 €. Sur 36 mois, le locataire classique débourse 14 774 €, soit plus du double.
À la restitution, le véhicule retourne au loueur. Le contrat de LLD n’inclut pas d’option d’achat, même si certaines variantes LOA peuvent être proposées par la filiale bancaire de Stellantis sur demande.
L’aide de 7 000 € et le premier loyer ramené à zéro
Le mécanisme financier du leasing social 2025 passe par les Certificats d’économies d’énergie (CEE). Les énergéticiens financent, via le programme PRO-INNO-85, une aide d’environ 7 000 € par véhicule éligible. Cette aide vient couvrir intégralement un premier loyer majoré qui, sans elle, s’élèverait à 7 000 €.
Pour le locataire, le montant payé à la signature est donc de zéro euro. L’aide ne transite pas par son compte : elle est versée directement au loueur. Cette mécanique protège la trésorerie des ménages modestes, cible principale du dispositif.
À noter, cette subvention a baissé par rapport à l’édition 2024. Elle atteignait alors 13 000 € par véhicule, budget pris en charge par l’État. Le passage au financement CEE a réduit l’enveloppe unitaire, ce qui explique en partie la hausse des loyers mensuels entre 2024 (100-150 €) et 2025 (82-200 €). Le plafond réglementaire de loyer est désormais fixé à 200 €/mois hors assurance et options.
Ce que cache l’autonomie annoncée de 403 à 425 km
Lancia met en avant 403 à 425 km d’autonomie WLTP pour l’Ypsilon Elettrica, chiffre qui varie selon la finition et le millésime. Cette donnée homologuée est la première information reprise dans les communications commerciales. Dans la pratique, elle ne correspond pas au rayon d’action réel d’un conducteur qui roule normalement.
Le WLTP face à l’usage réel : 300 km en pratique
Les essais menés par Automobile Propre sur une Ypsilon LX électrique concluent à un rayon d’action réaliste de 300 km en usage mixte, contre 398 km annoncés en WLTP sur cette version. L’écart atteint 25 %, un ordre de grandeur classique chez Stellantis sur la plateforme CMP.
La consommation homologuée se situe entre 14,3 et 14,6 kWh/100 km. Sur autoroute à 130 km/h, elle grimpe à 18-20 kWh/100 km, ce qui réduit le rayon d’action à environ 250 km avant recharge. En ville et sur routes secondaires, la consommation redescend et le rayon d’action peut dépasser 330 km par temps doux.
L’hiver dégrade encore le bilan. Par températures inférieures à 5 °C, la perte d’autonomie oscille entre 15 et 25 % selon l’usage du chauffage. Un candidat au dispositif qui parcourt 50 km par jour en mixte ne devrait pas être inquiété. Celui qui enchaîne deux trajets autoroute hebdomadaires devra intégrer une pause recharge dans son planning.
La recharge rapide et son plateau après 80 %
La puissance de recharge en courant continu plafonne à 100 kW sur la batterie de 51 kWh. Lancia annonce un passage de 20 à 80 % en 24 minutes sur une borne DC compatible. Ce chiffre tient dans les conditions optimales, avec une batterie préconditionnée à la bonne température.
Au-delà de 80 %, la courbe de charge s’effondre brutalement, comme sur la plupart des modèles Stellantis dérivés de la plateforme CMP. La vitesse tombe à 30 ou 40 kW, puis beaucoup moins sur les derniers pourcentages. Passer de 80 à 100 % peut ainsi prendre autant de temps que les 60 % précédents. Les longs trajets se planifient donc avec des arrêts à 80 %, quitte à en multiplier le nombre.
En courant alternatif, le chargeur embarqué monte à 11 kW en série. Une recharge complète sur wallbox domestique prend environ 5 h, contre 24 h sur une prise renforcée de 3,7 kW. Ce chiffre est utile pour dimensionner une installation à domicile.
Ypsilon LX face à ë-C3, e-208 et Fiat 600e : le vrai match
Le leasing social 2025 propose plusieurs citadines électriques sur des positionnements différents. Comparer l’Ypsilon LX à ses concurrentes internes au groupe Stellantis éclaire la question centrale : que gagne-t-on pour 70 €/mois supplémentaires par rapport à la Citroën ë-C3, ou pour 44 €/mois de plus que la Peugeot e-208 ?
Le surcoût de 70 €/mois face à l’ë-C3 : qu’achetez-vous ?
La Citroën ë-C3 à 109 €/mois embarque une batterie de 44 kWh LFP, une autonomie WLTP de 320 km et une finition d’accès dépouillée. L’écart mensuel avec l’Ypsilon LX représente 70 €, soit 2 520 € sur la durée du contrat. Ce supplément achète trois choses tangibles.
D’abord, une batterie plus capacitaire (51 kWh contre 44 kWh), qui porte l’autonomie WLTP à 403-425 km selon la configuration. Ensuite, une puissance moteur de 156 ch contre 113 ch, avec un 0-100 km/h plus véloce. Enfin, un bond de deux finitions, avec l’équipement LX qui inclut les aides à la conduite premium et le traitement intérieur à deux écrans 10,25 pouces.
Pour un usage strictement urbain, l’ë-C3 suffit largement. Pour un actif qui combine trajets domicile-travail supérieurs à 30 km et escapades occasionnelles, l’écart d’autonomie réel (environ 80 km de plus en pratique) change la fréquence des recharges hebdomadaires. Le surcoût se justifie alors par un usage moins contraint.
Même plateforme que l’e-208 : où se situe la différence ?
L’Ypsilon LX Elettrica partage avec la Peugeot e-208 GT la plateforme CMP, le moteur 156 ch, la batterie 51 kWh et une grande partie des composants invisibles. Pourtant, la e-208 en leasing social est proposée à 135 €/mois, soit 44 €/mois de moins. L’écart semble contre-intuitif pour deux voitures mécaniquement jumelles.
La clé se trouve dans les finitions retenues par chaque marque. Peugeot a intégré sa version d’accès de l’e-208 156 ch au dispositif, avec un équipement plus restreint. Lancia a choisi sa LX, proche d’une e-208 GT dont le tarif catalogue atteint 39 300 €, contre 37 800 € pour l’Ypsilon LX.
Le choix entre les deux se joue sur trois critères. Le design intérieur (le tavolino style table à café contre l’i-Cockpit Peugeot), la maille de distribution (13 points de vente Lancia contre plus de 400 Peugeot) et la perception de marque. À dotation équivalente et budget maximal, l’Ypsilon LX reste compétitive.
Conditions d’éligibilité : les pièges du dossier
L’offre à 179 €/mois ne s’obtient qu’après validation par le loueur d’un dossier d’éligibilité conforme au dispositif CEE. Deux critères concentrent la majorité des refus : le revenu fiscal de référence par part et la preuve du besoin professionnel. Les subtilités s’y cachent.
Le plafond de RFR par part et son calcul réel
Pour l’édition 2025-2026, le revenu fiscal de référence (RFR) par part doit être inférieur ou égal à 16 300 €. Il s’agit du RFR mentionné sur l’avis d’imposition 2025 émis sur les revenus 2024. Ce plafond a été relevé depuis l’édition 2024, où il plafonnait à 15 400 €.
Le calcul par part est souvent mal compris. Un célibataire sans enfant (1 part) ne doit pas dépasser 16 300 € de RFR total. Un couple marié ou pacsé (2 parts) peut atteindre 32 600 €. Un couple avec deux enfants (3 parts) peut aller jusqu’à 48 900 € de RFR cumulé. Ce mécanisme favorise clairement les foyers avec enfants.
En pratique, un célibataire gagnant 22 000 € net par an sera exclu. Un couple marié avec deux enfants gagnant 45 000 € net annuel reste éligible. Le simulateur officiel de l’ASP sur ecologie.gouv.fr permet de vérifier son statut en quelques clics.
Le critère « besoin professionnel » et ses justificatifs
Le deuxième critère exige de dépendre de son véhicule personnel pour travailler. Deux conditions alternatives ouvrent droit au dispositif : résider à plus de 15 km de son lieu de travail en trajet voiture exclusif, ou parcourir plus de 8 000 km par an dans le cadre d’une activité professionnelle.
Les justificatifs diffèrent selon le statut. Un salarié doit fournir une attestation employeur mentionnant la distance domicile-travail. Un indépendant fournit une attestation sur l’honneur accompagnée d’un justificatif d’affiliation à un régime de sécurité sociale.
Le piège le plus fréquent porte sur la nature du trajet. Si une partie du parcours peut s’effectuer en transport en commun, même théoriquement, l’Agence de Services et de Paiement (ASP) peut refuser le dossier. Les demandeurs résidant en zone périurbaine avec une gare à proximité doivent documenter l’absence d’alternative directe, sous peine d’un rejet silencieux lors de l’instruction.
Questions fréquentes
L’offre sera-t-elle reconduite en 2026 ?
Le gouvernement a confirmé le 10 avril 2026 la relance du leasing social à partir de juin 2026. Sébastien Lecornu a annoncé au moins 50 000 véhicules, potentiellement 100 000. La Lancia Ypsilon LX figure parmi les modèles pressentis pour être reconduits, aux côtés des autres citadines Stellantis (ë-C3, e-208, Fiat 600e, Jeep Avenger, Alfa Junior). Les conditions définitives n’ont pas encore été publiées. Le plafond de RFR par part reste à 16 300 €, et le plafond de loyer mensuel à 200 € hors assurance. La liste officielle sera communiquée par chaque constructeur à l’approche du lancement.
Que se passe-t-il à la fin des 36 mois ?
Le contrat standard de leasing social est une location longue durée (LLD). Le véhicule retourne donc au loueur (Stellantis Financial Services) à l’échéance des 36 mois. Aucune option d’achat n’est prévue dans le contrat de base. Certaines variantes en LOA existent chez Lancia, avec une valeur de rachat fixée à la signature. Avant la restitution, le véhicule passe un contrôle technique et un état des lieux. Les frais de remise en état (rayures, usure anormale) peuvent être facturés. Il est ensuite possible de souscrire un nouveau contrat ou de changer de véhicule.
Peut-on dépasser les 36 000 km contractuels ?
Le forfait kilométrique de 36 000 km sur 36 mois correspond à 12 000 km par an. Tout dépassement fait l’objet d’une pénalité forfaitaire par kilomètre supplémentaire, généralement comprise entre 0,05 et 0,10 € selon les conditions contractuelles. Sur un dépassement de 5 000 km, la facture peut atteindre 500 €. Il est possible de renégocier le forfait à la signature si l’usage prévisible dépasse clairement les 12 000 km/an, contre une légère hausse du loyer mensuel. Mieux vaut anticiper cette question dès la souscription que découvrir la facture à la restitution.
Le leasing social est-il cumulable avec d’autres aides ?
Non, le leasing social 2025-2026 n’est pas cumulable avec les autres aides nationales à l’achat ou à la location de véhicules électriques. Le bonus écologique, la prime à la conversion et la surprime zones à faibles émissions (ZFE) sont exclusifs du dispositif. L’aide CEE de 7 000 € intégrée au loyer mensuel constitue l’unique soutien public sur ce contrat. Certaines aides locales (région, collectivité, employeur) peuvent rester accessibles selon les règlements. Il faut vérifier au cas par cas auprès de sa collectivité ou du service mobilité de son entreprise avant de signer.
L’Ypsilon hybride est-elle aussi éligible ?
Non, le leasing social couvre exclusivement les véhicules 100 % électriques avec un éco-score ADEME égal ou supérieur à 60. L’Ypsilon Ibrida, motorisée par un 1.2 mild-hybrid 48V de 110 ch, ne relève pas du dispositif. Lancia propose néanmoins depuis septembre 2025 une offre commerciale à 99 €/mois pour l’Ypsilon hybride, calquée sur le format du leasing social mais ouverte à tous sans condition d’éligibilité. Cette offre n’est pas subventionnée par l’État. Elle relève du geste commercial de la marque et s’applique dans la limite des stocks disponibles chez les concessionnaires participants.