Édition 2026 — ouverture des commandes le 1ᵉʳ juillet · 50 000 véhicules, les quotas partent vite Être prévenu →

Leasing social fonctionnaire : éligibilité, plafonds et démarches en 2026

En 2026, un fonctionnaire de catégorie C touche en moyenne 2 100 € net par mois, primes comprises. Ce niveau de revenu place théoriquement une bonne part de la fonction publique sous le plafond du leasing social, fixé à 16 300 € de revenu fiscal de référence par part. Pourtant, beaucoup d’agents publics renoncent à candidater. Ils croient à tort que leur statut les écarte du dispositif. Ni la catégorie, ni le grade, ni le versant n’entrent dans le calcul de l’ASP. Seul compte le revenu fiscal de référence rapporté au nombre de parts du foyer. Cette mécanique des parts inverse les intuitions : un célibataire en catégorie B peut être recalé alors qu’un couple avec deux enfants en catégorie A passe sans difficulté. La réouverture est annoncée pour juin 2026, avec 50 000 véhicules à la clé. Voici comment vérifier votre éligibilité réelle, anticiper les pièges spécifiques à la fonction publique et bâtir un dossier qui passe.

Un fonctionnaire peut-il bénéficier du leasing social ?

La réponse courte est oui, sous conditions strictement financières. Le dispositif n’a jamais exclu les agents publics. En revanche, le filtre du revenu fiscal de référence par part élimine de fait une partie significative des candidats fonctionnaires, notamment les célibataires sans enfant occupant des postes en catégorie A ou B avec primes.

Le revenu fiscal de référence par part, seul critère financier

L’ASP ne regarde ni votre statut, ni votre employeur, ni votre grade. Le seul indicateur qui détermine votre droit au leasing social, c’est le revenu fiscal de référence (RFR) divisé par votre nombre de parts fiscales. Ce chiffre figure sur votre dernier avis d’imposition. Pour l’édition 2026, le seuil reste fixé à 16 300 € par part, calculé sur l’avis d’imposition 2025 portant sur les revenus 2024. Un agent peut donc être éligible une année et ne plus l’être l’année suivante, simplement parce qu’il a touché une prime exceptionnelle ou changé d’échelon. À l’inverse, un congé parental, un passage à temps partiel ou une année à mi-traitement ouvrent souvent un droit qui n’existait pas avant. Cette logique purement fiscale rend le statut de fonctionnaire neutre dans l’analyse : il ne facilite ni n’empêche l’accès au dispositif. Seule la photo de vos revenus 2024 compte.

Quelles catégories de fonctionnaires passent sous le plafond

Le calcul devient parlant quand on rapporte les revenus types à la grille fiscale. Un adjoint administratif célibataire en catégorie C, sans enfant, perçoit environ 22 000 à 25 000 € imposables par an primes comprises. Son RFR par part dépasse donc le seuil de 16 300 €, ce qui le rend non éligible. Le même profil marié sans enfant (2 parts) avec un conjoint sans revenu reste sous le plafond. Avec un enfant à charge (2,5 parts), le plafond cumulé monte à 40 750 € et accueille la grande majorité de la catégorie C ainsi qu’une partie de la catégorie B. Un cadre A célibataire (3 245 € net moyen) reste presque toujours hors course. En revanche, un couple A+A avec deux enfants peut être éligible si chacun gagne moins de 24 450 € imposables. Le profil type qui passe sans difficulté : un foyer fonctionnaire avec deux enfants et un seul revenu modeste.

Ce que change l’ouverture de juin 2026 pour les agents publics

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a confirmé le 10 avril 2026 le retour du leasing social, avec une ouverture des commandes prévue en juin. La nouveauté annoncée concerne directement la fonction publique : 50 000 véhicules supplémentaires devraient être réservés aux gros rouleurs professionnels, dont les infirmières, les aides-soignantes et plus largement les agents publics dépendants de leur véhicule. Les conditions exactes ne sont pas encore arrêtées, mais le mécanisme reste financé par les certificats d’économies d’énergie (CEE), avec une enveloppe d’environ 370 millions d’euros. Les critères de revenus devraient rester proches de l’édition 2025, soit 16 300 € de RFR par part. La principale incertitude porte sur les seuils kilométriques pour ce nouveau public élargi. En pratique, un infirmier libéral ou un agent territorial avec tournées professionnelles pourrait accéder au dispositif sans condition de revenu, sur la seule base de son usage professionnel. À surveiller au moment de la publication de l’arrêté définitif.

Calculer son éligibilité quand on est dans la fonction publique

L’écart entre le salaire net affiché sur la fiche de paie et le revenu fiscal de référence pris en compte par l’ASP désoriente la plupart des candidats. La méthode est pourtant simple, à condition de partir des bons documents et d’intégrer correctement les primes spécifiques à votre administration.

Du traitement indiciaire au revenu fiscal de référence

Votre revenu fiscal de référence ne correspond ni à votre net imposable, ni à votre net annuel. Il s’obtient en additionnant tous les revenus du foyer (traitement, primes imposables, indemnités, revenus locatifs éventuels), puis en appliquant l’abattement de 10 % pour frais professionnels ou la déduction de vos frais réels. Le résultat figure ligne 25 de votre avis d’imposition. Pour un agent de catégorie C avec 1 850 € net mensuel et 350 € de primes mensuelles, le RFR avoisine 21 600 €. Pour un agent de catégorie B à 2 400 € net plus primes, on tourne autour de 28 000 €. La déduction de frais réels, particulièrement utile pour les longs trajets domicile-travail, peut faire baisser le RFR de plusieurs milliers d’euros, parfois jusqu’à passer sous un seuil d’aide. Vérifiez toujours votre RFR sur l’avis 2025 portant sur les revenus 2024, et non sur une estimation approximative à partir du salaire courant.

Les parts fiscales qui changent tout pour les couples et les familles

Le mécanisme des parts est le levier le plus puissant pour basculer dans l’éligibilité. Un célibataire compte 1 part, un couple marié ou pacsé 2 parts, et chaque enfant à charge ajoute 0,5 part (1 part complète à partir du troisième enfant). Pour un fonctionnaire, cette grille fait toute la différence. Avec 32 000 € de RFR, un célibataire est exclu (32 000 / 1 = 32 000, au-dessus du seuil). Le même revenu pour un couple sans enfant donne 16 000 € par part, juste sous le plafond. Avec deux enfants (3 parts), le plafond cumulé monte à 48 900 € de RFR pour le foyer. Une famille monoparentale fonctionnaire avec deux enfants bénéficie en plus d’une part supplémentaire au titre du parent isolé, soit 2,5 parts au lieu de 2. Faites le calcul exact avant de monter votre dossier : un simple oubli sur la composition du foyer fait basculer un dossier de refusé à accepté.

Le poids des primes dans le calcul du RFR

Les primes pèsent lourd dans le RFR d’un fonctionnaire, jusqu’à 24 % du salaire brut total selon la DGAFP. La quasi-totalité est imposable et entre donc dans le calcul. Le RIFSEEP, l’indemnité de résidence, le supplément familial de traitement, les indemnités d’astreinte ou de sujétions s’additionnent au traitement indiciaire. Seules certaines indemnités sont exonérées d’impôt, comme les frais de mission ou les indemnités de chaussures pour certains métiers. Conséquence : un agent qui touche 800 € de primes mensuelles imposables ajoute environ 9 600 € à son revenu imposable annuel, ce qui peut faire basculer un dossier limite. Inversement, un agent avec une rémunération concentrée sur l’indiciaire (peu de primes) garde un RFR plus bas à net équivalent. Vérifiez le détail dans la rubrique « imposable » de votre bulletin annuel récapitulatif, généralement disponible sur l’ENSAP pour les agents de l’État.

Les pièges qui font recaler les dossiers fonctionnaires

Au-delà du critère financier, le dispositif impose une condition d’usage qui élimine de nombreux fonctionnaires éligibles sur le revenu. Cette condition est mal comprise et génère la majorité des refus évitables, en particulier chez les agents logés ou dotés d’un véhicule de service.

La règle des 15 km ou des 8 000 km annuels

Le dispositif exige une preuve d’usage professionnel du véhicule personnel. Deux options ouvrent l’éligibilité, et une seule suffit. Première option : votre domicile se trouve à plus de 15 kilomètres de votre lieu de travail, et vous utilisez votre voiture personnelle pour vous y rendre. Le trajet doit être effectué intégralement en voiture, sans portion en transport en commun. L’attestation employeur précisant la distance est obligatoire. Pour un agent de la fonction publique, la DRH ou le service ressources humaines fournit ce document sans difficulté particulière. Deuxième option : vous parcourez plus de 8 000 km par an avec votre véhicule personnel dans le cadre de votre activité professionnelle. Cette voie concerne typiquement les infirmiers en pratique avancée, les agents territoriaux en tournée, les inspecteurs du travail ou les enseignants exerçant sur plusieurs sites. Une attestation sur l’honneur signée par l’employeur, accompagnée d’un justificatif de remboursement des indemnités kilométriques, fait office de preuve.

Logement de fonction et véhicule de service, les exclusions implicites

Certains profils fonctionnaires sont mécaniquement exclus, même sans plafond dépassé. Un enseignant logé en collège ou un gendarme en caserne, dont le domicile coïncide avec le lieu de travail, ne peut pas justifier la distance des 15 km. Même chose pour un policier municipal habitant à proximité immédiate de son commissariat. L’agent qui dispose d’un véhicule de service utilisable pour les trajets domicile-travail tombe également hors dispositif, puisque l’aide cible la mobilité contrainte par l’absence d’alternative. Les fonctionnaires en télétravail à 100 % ou en très forte proportion sont aussi exposés au refus, faute d’usage régulier du véhicule pour se rendre au travail. Enfin, un agent ayant déjà bénéficié du leasing social en 2024 ou 2025 ne peut pas candidater de nouveau. Cette règle de non-cumul vaut pour toute la durée du dispositif, sans dérogation.

Le coût réel du leasing social pour un fonctionnaire éligible

Les loyers affichés à 100 € masquent une réalité plus nuancée. Le coût total dépend du modèle choisi, du kilométrage, des options et des frais récurrents qui ne sont pas couverts par le dispositif. Voici la grille à anticiper avant de signer.

Les loyers attendus en 2026 par modèle

En 2025, la fourchette des loyers s’étalait de 82 €/mois pour la Citroën ë-C3 à 179 €/mois pour le Jeep Avenger ou la Lancia Ypsilon. La Renault 5 E-Tech était proposée à 139 €/mois, la Fiat Grande Panda à 95 €/mois et la Peugeot e-208 autour de 130 €/mois. Pour 2026, le gouvernement impose toujours un plafond de 200 €/mois et au moins une offre par loueur sous 140 €/mois. Le catalogue attendu inclut la Renault 4, la Renault Twingo E-Tech, la Volkswagen ID.3 et possiblement la Kia EV4. Tous les véhicules sont neufs, produits en Europe, avec un score environnemental ADEME minimum de 60 points et un prix d’acquisition plafonné à 47 000 € TTC. Le contrat dure au moins trois ans, sans apport ni caution exigés.

Les frais qui s’ajoutent au loyer affiché

Le loyer mensuel ne couvre que la mise à disposition du véhicule. Plusieurs postes restent à votre charge. L’assurance auto, obligatoire en responsabilité civile, coûte entre 30 et 80 € par mois selon votre profil et votre département. La recharge à domicile suppose souvent l’installation d’une prise renforcée (300 à 600 €) ou d’une borne murale (1 000 à 1 500 € hors crédit d’impôt). Le forfait kilométrique inclus tourne autour de 12 000 km/an, et chaque kilomètre supplémentaire est facturé entre 5 et 10 centimes. Pour un fonctionnaire faisant 30 km de trajet domicile-travail (15 000 km/an), le surcoût annuel atteint 150 à 300 €. L’entretien chez le concessionnaire, les pneus hiver dans les zones concernées et les éventuels frais de remise en état à la restitution complètent l’addition. Comptez un coût total réel de 200 à 280 € par mois pour un usage standard, soit moitié moins qu’une LOA classique équivalente.

Les alternatives quand le plafond vous exclut

Si votre RFR par part dépasse 16 300 € ou si vous ne remplissez pas la condition kilométrique, plusieurs voies existent pour rouler en électrique à coût maîtrisé. Le statut fonctionnaire ouvre d’ailleurs des portes spécifiques sur le marché du leasing classique.

Le leasing classique avec les avantages du statut fonctionnaire

La LOA et la LLD restent accessibles à tous les fonctionnaires sans condition de revenu. Le statut joue ici un rôle favorable : la garantie de l’emploi et la régularité des revenus rassurent les organismes de financement, qui accordent des taux plus avantageux que pour un profil salarié du privé. Les loyers d’une LOA classique sur une voiture électrique compacte démarrent autour de 250 à 350 €/mois sans apport, contre 100 à 200 € pour le leasing social. Plusieurs mandataires automobiles et certaines mutuelles fonctionnaires (CSF, Intériale, Préfon) proposent des offres dédiées avec remises, parfois 10 à 20 % sous le tarif catalogue. Comparez systématiquement plusieurs devis : les écarts entre concessionnaires sur un même modèle dépassent souvent 50 € de loyer mensuel.

Les aides cumulables hors leasing social

Hors dispositif social, plusieurs aides restent activables. Le bonus écologique 2026 s’élève à 4 000 € pour les ménages modestes (RFR par part inférieur à 16 300 €) et 2 000 € au-delà, dans la limite de 27 % du prix d’achat. La prime à la conversion, conditionnée à la mise au rebut d’un ancien véhicule, atteint 5 000 € pour les ménages modestes. Le forfait mobilités durables versé par votre employeur public peut aller jusqu’à 700 €/an si vous covoiturez ou combinez votre voiture avec un vélo personnel. Le crédit d’impôt pour l’installation d’une borne de recharge à domicile couvre 75 % des dépenses dans la limite de 500 €. Enfin, la déduction des frais réels en barème kilométrique majoré pour les véhicules électriques (+20 %) peut représenter plusieurs milliers d’euros d’économie d’impôt sur l’année.

Le leasing social pour les profils salariés

Questions fréquentes

Un agent contractuel ou un fonctionnaire stagiaire est-il éligible au leasing social ?

Oui, sans aucune restriction liée au type de contrat. Le dispositif s’appuie uniquement sur le RFR par part et l’usage professionnel du véhicule. Un agent contractuel en CDD, un fonctionnaire stagiaire en première année ou un titulaire à temps partiel sont traités à l’identique. La seule pièce à fournir est l’attestation employeur précisant la distance domicile-travail ou l’usage professionnel kilométrique. Le statut juridique du contrat de travail public n’entre jamais dans l’analyse de l’ASP.

Que se passe-t-il en cas de mutation pendant le contrat de leasing social ?

Une mutation géographique ne déclenche pas automatiquement la résiliation du contrat. Le contrat de location reste valide, et vous continuez à payer les loyers mensuels. Si votre nouveau poste se trouve à moins de 15 km de votre nouveau domicile, vous restez engagé jusqu’au terme des trois ans. En cas de mutation outre-mer ou à l’étranger rendant l’usage du véhicule impossible, le loueur peut accepter une résiliation anticipée sur justificatif, mais des frais de remise en état restent dus. Anticipez ce point au moment de la signature.

Le conjoint peut-il souscrire le leasing social si le fonctionnaire dépasse le plafond ?

Non, le calcul se fait au niveau du foyer fiscal complet, pas individuellement. Si vous êtes marié ou pacsé avec un fonctionnaire dont le RFR cumulé du couple divisé par les parts dépasse 16 300 €, ni l’un ni l’autre ne peut souscrire. Le contournement par le nom du conjoint ne fonctionne pas. Seule une déclaration séparée, rare et juridiquement encadrée, modifierait l’assiette de calcul. Un couple non marié sous le même toit conserve en revanche deux foyers fiscaux distincts, ce qui peut ouvrir l’éligibilité à l’un des deux.

Le leasing social est-il cumulable avec l’indemnité kilométrique fonctionnaire ?

Oui, le versement de l’indemnité kilométrique pour vos déplacements professionnels reste dû, indépendamment du mode de financement de votre véhicule. Vous pouvez percevoir le remboursement en barème kilométrique majoré pour les véhicules électriques (+20 %) tout en payant un loyer leasing social. En revanche, le dispositif n’est pas cumulable avec le bonus écologique, la prime à la conversion ou la prime coup de pouce CEE véhicules particuliers, déjà intégrés dans le calcul du loyer subventionné.

Faut-il un apport ou une caution pour signer un leasing social ?

Non, le dispositif interdit explicitement toute demande d’apport, de caution ou de frais de dossier au titre de l’aide à la location. C’est l’une des différences majeures avec une LOA classique, qui exige souvent un premier loyer majoré de plusieurs milliers d’euros. Le loueur peut en revanche facturer des options (entretien étendu, accessoires, assurance complémentaire), mais ces options sont facultatives et présentées séparément. Si un concessionnaire vous demande un apport, il sort du cadre légal du dispositif.

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