La vignette marocaine se règle entre le 1er et le 31 janvier, en ligne et sans frais, pour un montant qui va de 350 à 20 000 dirhams selon la puissance fiscale et le carburant. Officiellement, elle s’appelle Taxe Spéciale Annuelle sur les Véhicules (TSAV). Le papier à coller sur le pare-brise a disparu depuis longtemps : une quittance numérique fait foi lors des contrôles.
Le sujet dépasse les frontières du royaume. Les 5,4 millions de Marocains résidant à l’étranger peuvent payer à distance, sans poser un pied au pays. De leur côté, les conducteurs français découvrent un système inverse du leur, où la fiscalité automobile s’organise autrement que par le leasing social et les ZFE : ici, c’est une taxe annuelle qui tombe chaque mois de janvier.
Reste une mécanique implacable : tout retard déclenche 15 % de majoration le premier mois, puis 0,5 % par mois entamé. Mieux vaut donc connaître les canaux gratuits, le barème exact et les cas d’exonération avant la fin janvier.
Qui doit payer la vignette au Maroc, et qui en est dispensé
La TSAV cible les véhicules immatriculés au Maroc, qu’ils appartiennent à un particulier, une entreprise ou un résident étranger. Trois situations méritent toutefois d’être distinguées avant de sortir sa carte bancaire.
Une taxe annuelle réservée aux véhicules immatriculés au Maroc
La vignette concerne tous les véhicules motorisés portant une plaque marocaine : voitures particulières, utilitaires, motos. La nationalité du propriétaire ne change rien, un expatrié installé à Casablanca paie comme un citoyen marocain. En cas de leasing ou de crédit-bail, la charge revient au preneur du contrat, pas à la société de financement.
Le fonctionnement a changé en profondeur depuis 2016. Le paiement au guichet des perceptions n’existe plus : tout passe désormais par le réseau bancaire et les prestataires de paiement agréés. Par ailleurs, la pastille autocollante a disparu. Les banques délivrent une quittance ou un reçu, et ce document suffit face aux agents habilités à verbaliser.
Cette taxe se renouvelle chaque année, contrairement à d’autres prélèvements automobiles payés une seule fois. Conserver le reçu, en version papier ou sur son téléphone, reste donc le seul réflexe indispensable.
Électriques, hybrides, collection : les exonérations officielles
La DGI exonère plusieurs catégories. Les véhicules électriques et hybrides échappent totalement à la TSAV, un avantage fiscal qui complète l’argument économique de ces motorisations. S’y ajoutent les voitures de collection, les véhicules diplomatiques et consulaires, ainsi que les véhicules de service public comme ceux des sapeurs-pompiers ou de la douane.
Les personnes en situation de handicap bénéficient également d’une exonération, sous réserve de validation par la Direction générale des impôts. En revanche, aucune dispense n’existe pour les faibles revenus ou les retraités : un véhicule thermique immatriculé au Maroc paie, quel que soit le profil de son propriétaire.
La vignette vise tout véhicule thermique immatriculé au Maroc. Électriques, hybrides, voitures de collection, véhicules diplomatiques et personnes en situation de handicap (après validation de la DGI) en sont exonérés.
Plaque étrangère au Maroc : l’admission temporaire remplace la TSAV
Un MRE ou un touriste qui débarque à Tanger avec sa voiture immatriculée en France ne paie pas la vignette marocaine. Son véhicule entre sous le régime de l’admission temporaire, déclaré auprès de la douane au poste frontière ou à bord du ferry. La carte verte doit couvrir le territoire marocain, sinon une assurance frontière s’impose dès l’arrivée.
Ce régime autorise 180 jours de présence par année civile, consécutifs ou non, et la limite s’applique au véhicule, pas au conducteur. Tout dépassement coûte cher : l’amende démarre à 1 000 dirhams pour moins de 30 jours de retard et grimpe jusqu’à 10 000 dirhams au-delà de six mois, avec un risque de saisie. Autrement dit, chaque conducteur relève d’un seul système : TSAV pour les plaques marocaines, douane pour les plaques étrangères.
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Combien coûte la vignette marocaine en 2026
Le barème 2026 reprend exactement celui des années précédentes, la DGI n’ayant opéré aucune révision tarifaire. Deux critères déterminent le montant : la puissance fiscale inscrite sur la carte grise et le type de motorisation.
Le barème TSAV par puissance et carburant
Quatre tranches de puissance structurent la taxe depuis la réforme de 2010, qui a simplifié un système qui en comptait sept. Le tableau ci-dessous récapitule les montants applicables en 2026.
| Puissance fiscale | Essence | Diesel |
|---|---|---|
| Moins de 8 CV | 350 DH | 700 DH |
| 8 à 10 CV | 650 DH | 1 500 DH |
| 11 à 14 CV | 3 000 DH | 6 000 DH |
| 15 CV et plus | 8 000 DH | 20 000 DH |
La grande majorité du parc marocain se situe dans les deux premières tranches, soit une dépense annuelle comprise entre 350 et 1 500 dirhams. Ces montants figurent dans le Code général des impôts, dont l’édition 2026 confirme la stabilité du dispositif.
Pourquoi le gasoil paie deux fois plus cher
L’écart entre les deux carburants saute aux yeux : le diesel paie le double de l’essence sur les trois premières tranches, puis deux fois et demie au sommet du barème.
Cette différence traduit un choix de fiscalité environnementale assumé, le gasoil étant jugé plus émetteur de particules fines. La France suit la même philosophie avec d’autres outils : son classement environnemental relègue les vieux diesels derrière les essences d’âge équivalent, comme l’illustre le cas de la Crit’Air 3 essence. Au Maroc, la sanction est financière et annuelle. En France, elle se joue sur le droit de circuler en ville. Dans les deux cas, conserver un gros diesel devient un luxe qui se chiffre.
Comment payer la vignette : canaux gratuits et payants
Depuis 2016, la DGI s’appuie sur les banques et les établissements de paiement agréés. Le montant de la taxe reste identique partout, mais les frais de service varient selon le canal choisi.
En ligne sans frais : mavignette.ma, e-banking et Daribati
Les canaux numériques sont gratuits : guichets automatiques bancaires, sites e-banking, applications mobiles des banques, solutions de portefeuille mobile et paiement par carte sur internet. La plateforme du Centre monétique interbancaire, mavignette.ma, centralise le règlement en ligne, tandis que l’application Daribati de la DGI permet aussi de payer et d’éditer son attestation TSAV.
La procédure en ligne tient en quatre étapes.
- Réunissez les informations de la carte grise : numéro d’immatriculation, puissance fiscale et type de carburant.
- Saisissez ces données ainsi qu’une adresse email valide sur la plateforme choisie.
- Réglez par carte bancaire et validez avec le code 3D Secure reçu par SMS.
- Téléchargez le reçu envoyé par email, puis éditez l’attestation sur vignette.ma si besoin.
Le site vignette.ma offre en complément une fonction précieuse : la vérification des paiements des années non prescrites pour n’importe quel véhicule. Un réflexe utile avant d’acheter une occasion.
En agence ou point de paiement : 23 dirhams de frais
Le réseau physique reste ouvert pour ceux qui préfèrent le guichet. Agences bancaires, points NAPS, Wafacash, Cash Plus ou Barid Cash acceptent le règlement, moyennant 23 dirhams de frais de service. La présentation de la carte grise suffit, aucun formulaire à remplir, et le reçu est remis immédiatement.
Cette option rassure les automobilistes peu à l’aise avec le paiement en ligne. Néanmoins, les files d’attente de fin janvier transforment souvent le guichet en épreuve de patience. De plus, pour une vignette essence de moins de 8 CV, ces frais représentent 6,5 % du montant de la taxe : l’écart avec la gratuité du digital n’est pas anodin.
Payer depuis l’étranger : le cas des MRE
Aucune présence au Maroc n’est requise pour s’acquitter de la TSAV. Les MRE règlent depuis leur pays de résidence via l’e-banking ou l’application mobile de leur banque marocaine, accessibles partout. Le paiement par carte sur mavignette.ma fonctionne également depuis l’étranger, avec l’authentification 3D Secure envoyée par SMS ou par email.
Les titulaires d’un compte en dirhams convertibles ou d’un compte MDM peuvent payer directement depuis ces comptes, certains établissements autorisant l’opération depuis leur application sans déplacement. De fait, la vignette d’une voiture restée au pays chez un proche se règle en cinq minutes depuis Paris ou Bruxelles.
Activez les paiements internationaux et le 3D Secure sur votre carte avant le 31 janvier. Un SMS de validation non reçu reste la première cause d’échec de paiement depuis l’étranger.
Délais, retards et pénalités : le calendrier à respecter
La fenêtre de paiement est courte et la sanction automatique. Le calendrier varie pourtant selon que le véhicule roule déjà ou vient d’être immatriculé.
Du 1er au 31 janvier, 60 jours pour les véhicules neufs
Pour les véhicules déjà en circulation, la période s’étend du 1er au 31 janvier 2026, sans prolongation possible. Les véhicules nouvellement immatriculés bénéficient d’un régime distinct : 60 jours à compter de la date du récépissé de dépôt du dossier de carte grise délivré par la NARSA.
Un achat d’occasion en cours d’année suit une troisième logique. Le nouvel acquéreur régularise la taxe au prorata de la période restante, et la quittance correspondante conditionne le transfert de la carte grise. Par conséquent, impossible de finaliser une mutation avec une vignette impayée.
Beaucoup d’automobilistes attendent la dernière semaine de janvier, par habitude ou par trésorerie. Les plateformes encaissent alors des pics de trafic, et un incident technique le 31 au soir ne constitue pas un motif d’exonération des pénalités.
15 % de majoration dès le premier mois de retard
La mécanique des pénalités ne laisse aucune marge : 15 % de majoration sur le premier mois de retard, puis 0,5 % par mois ou fraction de mois supplémentaire, avec un minimum de 100 dirhams. Une vignette de 650 dirhams réglée mi-avril coûte ainsi 754 dirhams, soit 104 dirhams de pénalités pour deux mois et demi de retard.
Les conséquences dépassent toutefois l’aspect financier. Sans vignette à jour, le véhicule ne passe pas le contrôle technique et la vente devient impossible. Un contrôle routier peut en outre déboucher sur une immobilisation, voire des poursuites en cas de non-paiement prolongé.
Les pénalités s’appliquent par mois entamé, pas par mois complet. Payer le 1er mars coûte autant que payer le 31 mars : 15,5 % de majoration dans les deux cas.
Vignette marocaine et vignette française : deux logiques opposées
Le même mot recouvre deux objets sans aucun rapport de part et d’autre de la Méditerranée. Cette homonymie piège régulièrement les conducteurs qui circulent entre les deux pays.
Une taxe annuelle au Maroc, un certificat à vie en France
La France a supprimé sa vignette fiscale automobile en 2001. Ce qu’on appelle vignette aujourd’hui dans l’Hexagone désigne le certificat qualité de l’air Crit’Air : un autocollant classant le véhicule selon ses émissions, payé une seule fois, environ 4 euros frais d’envoi compris, et valable toute la vie du véhicule. Beaucoup d’automobilistes le cherchent d’ailleurs au mauvais endroit, comme l’explique notre page sur l’ANTS et les vignettes Crit’Air : la commande passe uniquement par certificat-air.gouv.fr.
Le tableau suivant met les deux dispositifs face à face.
| Critère | Vignette Maroc (TSAV) | Crit’Air (France) |
|---|---|---|
| Nature | Taxe annuelle | Certificat environnemental |
| Coût | 350 à 20 000 DH | Environ 4 €, une seule fois |
| Échéance | Chaque mois de janvier | Aucune (valable à vie) |
| Support | Quittance numérique | Autocollant pare-brise |
| Sanction | 15 % + 0,5 % par mois | 68 € d’amende en ZFE |
Le paradoxe va plus loin : le dispositif français vacille, le Parlement ayant voté au printemps 2026 la suppression des ZFE. Notre analyse sur la fin des vignettes Crit’Air détaille ce calendrier encore suspendu à la promulgation de la loi.
Rouler entre les deux pays : ce qu’il faut anticiper
Un MRE qui remonte vers la France avec sa voiture immatriculée au Maroc inverse complètement son cadre réglementaire. Sa TSAV ne lui sert à rien sur le sol français : sans Crit’Air, son véhicule est considéré comme non classé dans les zones à faibles émissions, avec 68 euros d’amende à la clé tant que le dispositif reste juridiquement opposable.
Le point de friction classique se situe dès le débarquement : Marseille, premier port d’arrivée des ferries en provenance de Tanger, applique sa propre réglementation, détaillée dans notre point sur la Crit’Air à Marseille aujourd’hui. Ceux qui poursuivent vers la capitale affrontent un cadre plus strict encore, à vérifier sur Paris et la Crit’Air 2. Enfin, les MRE installés outre-Rhin connaissent déjà cette logique de pastilles : l’Umweltplakette, décryptée dans notre page sur la Crit’Air en Allemagne, fonctionne sur le même principe depuis 2008.
- La TSAV se paie du 1er au 31 janvier, de 350 à 20 000 DH selon puissance et carburant.
- Le paiement en ligne est gratuit ; comptez 23 DH en agence ou point physique.
- Électriques, hybrides et plaques étrangères en admission temporaire ne paient rien.
- Tout retard coûte 15 % de majoration, puis 0,5 % par mois entamé, minimum 100 DH.
Questions fréquentes
Peut-on payer la vignette marocaine au guichet des impôts ?
Non. Depuis 2016, les services fiscaux n’encaissent plus la TSAV directement. Le paiement passe obligatoirement par le réseau bancaire, les prestataires de services de paiement agréés ou les canaux en ligne. Cette externalisation visait à désengorger les perceptions, qui concentraient des files interminables chaque mois de janvier. Quiconque se présente aujourd’hui à la DGI pour payer sera redirigé vers une banque ou la plateforme mavignette.ma.
Faut-il encore coller une vignette sur le pare-brise au Maroc ?
Non, le support physique a disparu. La preuve de paiement repose sur la quittance ou le reçu délivré par la banque ou le prestataire, en version imprimée ou numérique. Lors d’un contrôle, présenter ce document sur son téléphone suffit. Le site vignette.ma délivre en complément une attestation officielle de paiement, utile notamment pour les démarches administratives ou une vente.
Comment vérifier qu’une vignette a bien été payée les années précédentes ?
Le site vignette.ma propose une fonction de vérification des paiements pour toutes les années non prescrites d’un véhicule donné. Il suffit de renseigner les informations de la carte grise. Cette vérification s’avère décisive avant l’achat d’une occasion : un arriéré de vignette se transmet avec le véhicule et peut représenter plusieurs milliers de dirhams de régularisation, pénalités comprises.
Qui paie la vignette pour une voiture en leasing au Maroc ?
Le preneur du contrat, c’est-à-dire l’utilisateur du véhicule, assume la TSAV lorsque le leasing ou le crédit-bail met la charge fiscale de son côté, ce qui constitue la règle générale. La société de financement reste propriétaire sur la carte grise, mais la taxe suit l’usage. Vérifiez la clause correspondante avant de signer, certains contrats prévoyant des modalités différentes.
Que faire si le paiement en ligne échoue depuis l’étranger ?
Trois causes dominent : carte non activée pour les paiements internationaux, plafond dépassé ou code 3D Secure non reçu. Contactez votre banque pour lever ces blocages, ou passez par l’application m-banking de votre banque marocaine, qui contourne le problème. En dernier recours, un proche au Maroc peut régler en agence avec les seules informations de la carte grise, moyennant 23 dirhams de frais.